PORTÉE PAR LES POÊLES, LA CUISSON GRAND PUBLIC PROGRESSE

24 août 2026

Poêles en forte hausse, inox en essor, milieu de gamme en retrait : les chiffres 2025 de Synetam suggèrent un marché de la cuisson grand public en recomposition, avec des opportunités très différentes selon les matériaux, les prix et les circuits de vente.Poêles en forte hausse, inox en essor, milieu de gamme en retrait : les chiffres 2025 de Synetam suggèrent un marché de la cuisson grand public en recomposition, avec des opportunités très différentes selon les matériaux, les prix et les circuits de vente.

Les données 2025 dévoilées par Synetam (Union des fabricants d’équipements et d’ustensiles pour la restauration & les arts culinaires) lors de son assemblée générale 2026, organisée le 11 juin dernier, font état de la progression du marché français de la cuisson grand public, principalement portée par les poêles. Elles révèlent également un marché plus contrasté selon les niveaux de prix, la poussée de l’inox, l’évolution des circuits de distribution et une coutellerie davantage soutenue par la valeur que par les volumes.
Le marché français de la cuisson grand public qui regroupe les poêles et les casseroles, atteint 452,2 millions d’euros en 2025, versus 426,3 millions d’euros en 2024, avec une progression qui s’établit à + 6,1 % en valeur et à + 13,1 % en volume. Grandes gagnantes de ce bilan, les poêles : celles-ci représentent près de 60 % du marché et concentrent l’essentiel de la croissance. Leur chiffre d’affaires bondit en effet de 248,8 millions d’euros en 2024 à 269,3 millions d’euros en 2025, soit + 8,2 % en valeur. En volume, la hausse atteint + 18,6 %, pour 15,2 millions d’unités vendues. Le quatrième trimestre constitue un point d’accélération, avec + 36,4 % en volume sur la période octobre-décembre.

Les casseroles progressent plus modestement, enregistrant un chiffre d’affaires de 182,9 millions d’euros en 2025, versus 177,5 millions d’euros en 2024, soit +3,1 % en valeur. Les volumes augmentent quant à eux de + 5,8 %, avec une fin d’année moins dynamique que pour les poêles.

UNE POLARISATION PLUS MARQUÉE DES PRIX

L’analyse par tranches de prix met en évidence un marché de plus en plus contrasté. L’entrée de gamme, en particulier les produits vendus moins de 15 €, progresse sur les deux catégories. Synetam attribue ce phénomène à « l’irruption de nouvelles offres céramique et le succès des gammes à manche amovible ». Sur les poêles, la tendance est significativement haussière pour le segment 0-7 €, en évolution de + 111,7 % en volume. À l’inverse, le milieu de gamme, entre 15 et 30 €, recule sur les poêles comme sur les casseroles. Le très haut de gamme résiste mieux, porté par l’inox et la fonte premium.
Les matériaux évoluent également, souligne Synetam : « L’aluminium reste largement dominant avec 62 % du marché porté par la montée en puissance des revêtements céramique et une bonne tenue des PTFE. L’inox passe de 21 % du marché des poêles à 26 % sur la période. Dans le marché des casseroles, l’inox atteint maintenant sensiblement le même niveau que l’aluminium, respectivement 34 % et 36 %. » 

DES CIRCUITS DE DISTRIBUTION EN MOUVEMENT

Les hypermarchés demeurent le premier circuit sur les poêles, avec 55,1 % de part de marché, mais perdent du terrain sur les casseroles, avec un recul de 2,4 points. Les chaînes d’électroménager progressent fortement : + 26,4 % sur les poêles et + 25,3 % sur les casseroles. La vente en ligne consolide également sa place, notamment sur les casseroles, où elle représente 20,6 % de la valeur.
Les résultats des magasins spécialistes indépendants restent plus difficiles à mesurer dans les panels, dans la mesure où ce circuit est réparti entre les coutelleries, les boutiques d’ustensiles culinaires, les quincailleries spécialisées ou encore les épiceries fines. « Toutefois, ce circuit a clairement bénéficié en 2025 de la montée en gamme liée à la percée de l’inox, analyse Synetam. Les consommateurs en quête de qualité durable, sensibles aux conseils d’expert et prêts à investir dans une casserole à 80 € ou une poêle en inox multicouche, se retrouvent précisément dans ces points de vente. Ce segment, sous-représenté dans les panels traditionnels, constitue un relais de croissance à ne pas négliger pour les marques premium et les fabricants investis dans le conseil produit. » 

LA COUTELLERIE PROGRESSE PAR LA VALEUR

Concernant les couteaux de cuisine, Synetam fait état de volumes globalement stables, et d’une progression du marché en valeur. Une évolution reliée à la montée en gamme et à l’intérêt des consommateurs pour des produits plus durables, plus qualitatifs et porteurs d’un savoir-faire. « Comme sur le marché des ustensiles de cuisson, la dynamique n’est plus tirée par les volumes : elle se joue sur la création de valeur », souligne Synetam. Autrement dit, un phénomène de polarisation similaire à celui observé pour la cuisson est à l’oeuvre : une entrée de gamme exposée aux importations à bas coût et des marques premium mieux positionnées sur la durabilité et de savoir-faire et l’usage expert. « Le couteau est et reste un objet de passion autant que d’usage », rappelle Synetam.
Sur le marché domestique, l’intérêt pour les contenus culinaires, les chefs et les pratiques de cuisine plus techniques contribue à soutenir les produits positionnés en valeur. Sur le marché professionnel, la coutellerie apparaît légèrement mieux orientée. Le couteau y est de plus en plus considéré comme un outil de performance, lié au confort d’utilisation et à la précision du geste. En dépit de la fragilisation de la restauration à service complet, les investissements en couteaux restent soutenus par la recherche de productivité et à l’efficacité en brigade. 

L’ACTIVITÉ DES MEMBRES AU-DESSUS DE 2019

 Au-delà du seul marché grand public, Synetam a également présenté l’évolution de l’activité de ses membres. Sur un échantillon constant couvrant la période 2019-2025, l’indice de chiffre d’affaires s’établit à 102,9 en 2025, sur une base 100 en 2019. L’activité reste donc supérieure à son niveau d’avant-covid, après le recul marqué de 2020, où l’indice avait reculé à 73. Le niveau 2025 est toutefois inférieur à celui de 2024, où l’indice atteignait 105. Synetam souligne aussi une saisonnalité plus marquée, avec une activité davantage concentrée sur les deuxième et quatrième trimestres. « Trois réflexes, préconise Synetam à ses adhérents : amorcer le premier trimestre avant la clôture du quatrième trimestre – les premiers contacts de janvier se préparent en novembre ; un pipeline actif dès décembre évite le démarrage lent du début d’année ; redonner de l’élan au troisième trimestre - la rentrée de septembre est une fenêtre sous-exploitée : relances ciblées, promotions sectorielles et options de financement simples peuvent réduire le creux estival ; préserver les marges avant le volume - maintenir des cadres de remises stables, construire des offres à valeur (bundles, services associés, contrats pluriannuels) et suivre les indicateurs de marge par gamme et par type de client. » 

UN MARCHÉ PROFESSIONNEL ESTIMÉ À 2,1 MILLIARDS D’EUROS

Synetam a également partagé des repères sur l’équipement de cuisine professionnelle. Le marché français est estimé à 2,1 milliards d’euros, répartis en quatre grandes familles. Le grand équipement destiné aux indépendants représente environ 700 millions d’euros. Ce segment reste stable, mais les cycles de renouvellement s’allongent, entre 7 et 12 ans pour les équipements lourds. Les cuisinistes-prescripteurs jouent un rôle important dans les ventes, estimé entre 60 et 65 %. Les fours mixtes connectés figurent parmi les sous-segments les plus actifs.

Le grand équipement destiné aux chaînes et aux grands projets pèse environ 600 millions d’euros, orienté à la hausse, grâce à la restauration rapide, aux ouvertures et aux rénovations. Les achats y sont plus centralisés, avec une part importante de vente directe fabricant. Les fours haute vitesse, capables de combiner micro-ondes, convection et infrarouge pour des cuissons en deux à quatre minutes, font partie des segments porteurs. L’art de la table et la vaisselle qui représentent environ 500 millions d’euros, restent sous pression. Synetam attribue cette situation au recul du repas sur place dont la part en valeur serait passée de 74 % à 55 % en dix ans.
Le petit équipement de cuisson et de préparation pèse environ 300 millions d’euros. Il s’agit du segment le plus dynamique en volume, soutenu par le snacking, le food-to-go et les dark kitchens. Synetam souligne en outre l’importance croissante du service après-vente, notamment la capacité à intervenir rapidement et à garantir la disponibilité des pièces détachées. 

RESTAURATION : QUELQUES REPÈRES DE CONTEXTE

 La France compte près de 231 000 établissements de restauration commerciale et collective, selon le chiffre de synthèse retenu par Synetam. Le tissu reste très majoritairement composé d’indépendants. La restauration à service complet, avec environ 131 000 établissements, apparaît comme le segment le plus fragilisé, sous l’effet du recul de la fréquentation, de la hausse des charges et de la compression des marges.
La restauration rapide, avec 37 000 établissements environ, est présentée comme le segment le plus dynamique. Les chaînes quick service restaurant progressent de 3 % par an environ. La livraison à domicile transforme également les besoins d’équipement : Synetam indique qu’elle représente 21 % de la valeur mondiale du marché, versus 9 % en 2019, avec une estimation autour de 12 % pour la France. La restauration collective, estimée entre 25 000 et 30 000 sites, offre de son côté un profil plus stable, avec des volumes prévisibles et des relations souvent contractualisées sur plusieurs années. 

ORIENTATIONS : LES GAMMES, LES CIRCUITS ET LE SERVICE

 En conclusion de ses analyses, Synetam met en avant plusieurs orientations pour ses membres. Sur le marché grand public, le syndicat insiste sur la nécessité de positionner clairement ses gammes, d’investir les circuits en croissance (en particulier l’e-commerce et les chaînes d’électroménager), d’anticiper logistiquement le quatrième trimestre (31,4 % du chiffre d’affaires annuel poêles) et de valoriser l’inox ainsi que le premium dans les circuits spécialistes.
Sur le marché CHR et la coutellerie, Synetam identifie plusieurs axes : cibler la restauration rapide, les dark kitchens et les collectivités ; faire du service après-vente et de la disponibilité des pièces un avantage sur le grand équipement ; positionner le couteau sur la valeur et le savoir-faire ; et répondre aux appels d’offres de la restauration collective avec des offres robustes et conformes aux exigences d’hygiène et de sécurité alimentaire (HACCP). 

Source : Synetam, chiffres 2025 présentés lors de l’assemblée générale 2026 du 11 juin dernier ; panels distributeurs France 2025 ; estimations marché restauration et CHR France.


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