Les marques déploient des stratégies multiples pour répondre à un marché qui se fait plus sélectif.
Dossier
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USTENSILES DE CUISSON : L’INOX DOMINE LA MÊLÉE
L’année qui vient de s’écouler a vu le marché de la cuisson transformer l’essai : percée spectaculaire de l’acier inoxydable, plan de jeu revu sur les revêtements et réorganisation tactique des outils de production chez certains industriels.
C’est un constat unanime : l’année 2025 est exceptionnelle pour la catégorie des ustensiles de cuisson.
« Concernant l’ensemble du marché premium, les indicateurs dont nous disposons pointent vers un segment très dynamique, indique Guilhem Pinault, vice-président de Synetam (union des fabricants d’équipements et d’ustensiles pour la restauration et les arts culinaires) et président-directeur général de De Buyer Industries (La Brigade De Buyer).
À fin juin, la progression atteint +10 % au global, en attente de confirmation pour les résultats du second semestre. En France, la tendance reste solide sur les ustensiles de cuisson, et la fin de l’année 2025 s’annonce bien orientée. »
« L’inox a connu un essor incroyable en 2025 », renchérit Philippe Gelb, directeur général de Beka France qui enregistre en effet un chiffre d’affaires en hausse de 25 % par rapport à 2024. « La demande porte vraiment sur ce segment. Malgré le remplacement du PTFE par la céramique et des lancements réussis, les produits revêtus affichent une légère baisse. »
Pour autant, le renouvellement des ustensiles par les consommateurs au détriment du revêtu ne présage pas nécessairement d’une année 2026 aussi satisfaisante : « Oui, la demande en inox se maintient, poursuit Philippe Gelb. Il n’est cependant pas certain que la performance 2025 se renouvellera en 2026 : la succession rapide d’événements politiques, géopolitiques, économiques, etc., rendent les prévisions très délicates. »
Pour s’y préparer, Beka mise sur la disponibilité de ses produits avec des stocks renforcés pour éviter les ruptures, et sur la pédagogie : formations, démonstrations en magasin, vidéos à destination des revendeurs et des clients finaux pour leur permettre d’obtenir les résultats culinaires les plus aboutis.
Même analyse chez Cristel : pour Damien Dodane, directeur général délégué de cette entreprise française basée dans le Doubs et spécialiste des ustensiles en acier inoxydable, « 2025 est une année historique, avec une progression du chiffre d’affaires à deux chiffres, essentiellement tirée par l’inox : les poêles enregistrent une progression spectaculaire de l’ordre de +140 % tandis que les produits revêtus reculent légèrement (-5 à -6 %). »
Du côté de La Brigade De Buyer, le bilan 2025 est également positif : « Les ustensiles en inox et en acier carbone tirent incontestablement la croissance, avec plus de 20 % de progression cumulée sur ces deux catégories, se réjouit Guilhem Pinault. L’acier carbone est certes un segment plus confidentiel mais affiche une dynamique très forte, en France comme à l’export ! »
Un succès qui réside selon Guilhem Pinault dans la durabilité du produit mais aussi dans sa dimension : un produit qui se patine, se répare et se transmet au fil des générations.
« L’année 2025 s’inscrit dans un climat de morosité économique, avec de nombreux facteurs pénalisants. » affectant aussi bien l'hôtellerie/restauration que les consommateurs, nuance pour sa part Christophe Decanter, directeur commercial chez Lacor, marque pour laquelle le CHR représente 75 % de l'activité.
Ce n'est pas une année historique malgré la dynamique observée sur les ustensiles de cuisson en inox, en hausse de 15 % sur le marché grand public de Lacor. Les consommateurs restent prudents et incertains quant à leur pouvoir d'achat. »
Des acteurs plus récents tels qu'Atma Kitchenware, mettent en évidence à quel point le changement de paradigme gagne le grand public.
Pour rappel, cette marque française s'est implantée sur le marché des ustensiles de cuisine en adoptant un positionnement BtoC consistant à proposer des produits de qualité professionnelle, désormais fabriqués en France pour l'inox, via un modèle de précommande lui permettant de produire les quantités nécessaires, évitant ainsi le surstockage et optimisant la tarification. « L’inox est entré dans les habitudes de cuisine des consommateurs, analyse Appoline Kessler, responsable développement produits d’Atma Kitchenware.
L’actualité et les interrogations relatives aux PFAS ont dopé nos ventes et provoqué un afflux de questions via les réseaux sociaux et notre service après-vente. Nombreux sont les clients à vouloir cuisiner dans des ustensiles qu’ils perçoivent comme sains. » Atma a renforcé sa gamme inox — sa principale catégorie — tout en lançant des produits en céramique culinaire et une première ligne en fonte en septembre dernier. « Nous sommes constamment en test et analyse des performances de notre inox afin de toujours proposer la meilleure qualité possible, afin d’améliorer nos produits et bien comprendre leur composition pour mieux communiquer sur la performance de nos ustensiles en termes de chauffe, pour apporter de la pédagogie tout en la rendant ludique », indique Appoline Kessler.
L'entreprise lyonnaise Cookut s'est également introduite sur le segment des ustensiles en acier inox avec le lancement cet été de sa première collection, La Merveilleuse (voir Offrir International n°502 en pages 80 à 84) qui se caractérise par son parti-pris esthétique (formes géométriques, palette de six teintes et gravures décoratives), sa composition (inox Steel Green 3-plis renforcé en cuivre et en titane) et sa baseline : “Plus besoin d’être un chef pour cuisiner dans l’inox.”
Même Joseph Joseph, marque historiquement associée aux accessoires de cuisine, a franchi le pas : « Pour son 20° anniversaire, Joseph Joseph a lancé en 2025 une première gamme inox afin de consolider sa légitimité dans l'univers de la cuisine, où la cuisson reste la catégorie reine », fait valoir Nicolas Bouche, country manager France de Joseph Joseph.
LE SEGMENT DU REVÊTU EN RECOMPOSITION
Pour autant, les ustensiles de cuisson revêtus ne disparaissent pas des rayons. Si en Europe, les discussions se poursuivent sur un futur encadrement des PFAS, sans calendrier définitivement établi, aux États-Unis, un projet d'interdiction des PFAS dans les ustensiles de cuisson a fait l'objet d'un veto en octobre dernier par le gouverneur de Californie Gavin Newsom qui a indiqué partager l'objectif de protection de la santé et de l'environnement mais s'inquiéter d'un retrait brutal de nombreuses références d'ustensiles à prix abordable. Une position saluée par la Fédération des industries européennes de la coutellerie et des ustensiles de cuisine (FEC) qui estime que les poêles revêtues avec du PTFE fabriquées selon la technologie de laminage restent sûres d'utilisation.
Le segment premium rebat néanmoins ses cartes, avec une offre céramique qui se développe largement, offrant des possibilités élargies en termes de formes et de couleurs. Le groupe Zwilling, qui détient en outre les marques Ballarini, Staub et Demeyere, a pour sa part décidé en septembre dernier d’arrêter de proposer des revêtements PTFE, explique Nathalie Chabert, directrice marketing et communication France : « Les lignes revêtues existantes sont progressivement converties en céramique, avec un objectif de liquidation complète des stocks comprenant du PTFE à l'horizon fin 2026, début 2027. » Les équipes de Ballarini, marque spécialiste des ustensiles en aluminium, ont travaillé sur l'amélioration des revêtements céramiques, avec le lancement de solutions enrichies au titanium et des structures en nid d'abeilles destinées à améliorer la durabilité et à limiter l'usure prématurée du revêtement.
Deux lancements sous la marque Zwilling illustrent cette transition. Dévoilée en septembre, la gamme hybride Peak vise à conjuguer le confort du revêtement antiadhésif et la résistance de l'inox aux températures élevées, avec des ustensiles permettant de saisir à feu vif et de préparer des aliments plus délicats (œufs, poissons, etc.). Ceux-ci sont en effet dotés du revêtement Ceraforce HyCoat qui combine des pics en acier inoxydable non revêtus et des creux antiadhésifs revêtus en céramique, et de la base Sigma composée d'une couche intérieure en acier inoxydable 18/10, d’un noyau en aluminium résistant et d'une couche extérieure en acier inoxydable S/S 439 renforcée de titane.
La collection Unlock qui sera disponible en début d'année marque pour sa part l'arrivée de Zwilling sur le segment des ustensiles de cuisson à manches amovibles. Cette batterie premium conjugue système de préservation sous vide utilisant des couvercles en verre Fresh & Save compatibles. Les articles en acier inoxydable ont un corps Sigma Clad à trois couches tandis que les poêles en aluminium forgé, fabriquées en Italie par Ballarini, sont dotées du revêtement céramique antiadhésif Ceraforce Titanium sans PFAS.
Le produit phare de Cookut, La Fabuleuse poêle à tout faire, a également évolué en 2025 avec un nouveau revêtement minéral sans PFAS, identique à celui de L'Incroyable cocotte. Ainsi, depuis septembre, la marque propose une gamme de cuisson complète sans PTFE. L’ensemble de ses ustensiles de cuisson revêtus arborent désormais un macaron didactique qui guide l'utilisateur sur les bonnes pratiques d'utilisation, pour appréhender les caractéristiques du revêtement céramique (cuissons à feu moyen, huile traditionnelle de cuisson, lavage à la main, etc.).
Cristel, pour sa part, continue de tester des solutions céramiques adaptées à l'inox, soucieuse de ne pas décevoir une clientèle habituée à la tenue du PTFE : « Nous devrions être en mesure de formuler des propositions en 2026 », estime Damien Dodane.
Fidèle à son ADN, la marque Greenpan continue quant à elle de déployer son revêtement céramique Thermolon, comme sur la collection Evolution, en faisant valoir le caractère 100 % recyclé de son corps en aluminium et la possibilité de démonter la poignée pour faciliter le recyclage des différentes pièces la composant.
La marque italienne Moneta s'appuie quant à elle sur Finegres, un revêtement présenté comme 100 % minéral et exempt de PFAS, pour lancer sa collection Minerva, et dévoiler lors d’Ambiente 2026 une nouvelle ligne de faitouts colorés.
La marque entend ainsi faire valoir qu’il n’y a pas un unique matériau, mais des usages et des arbitrages selon ses pratiques culinaires.
FONTE, ACIER CARBONE : LES AUTRES GAGNANTS DE L'ANNÉE 2025
Les ustensiles en acier inoxydable ne sont pas les seuls à générer de belles performances en 2025. Chez Staub par exemple, la fonte émaillée bénéficie d'une progression qui n'est plus seulement due aux cocottes traditionnelles. « Les poêles, les crêpières et les sauteuses en fonte sont en nette progression : + 26 % pour les sauteuses, + 13 % pour les poêles par rapport à 2024 », relève Nathalie Chabert (groupe Zwilling).
Le groupe Zwilling investit d’ailleurs lourdement dans le site Staub de Merville (Hauts-de-France) qui emploie 400 personnes : une nouvelle usine dont la mise en service interviendrait en 2028, adossée à celle historique vieille d'un siècle, doit permettre la transition aux fours électriques, la modernisation des lignes d’émaillage et, à terme, de fabriquer des pièces de fonte plus fines, donc plus maniables, sans perdre les propriétés mécaniques du matériau. D'ici là, Staub dévoilera une nouvelle couleur lors d’Ambiente 2026.
La marque espagnole Lacor confirme pour sa part le maintien des bonnes performances de son offre de cocottes en fonte d’aluminium, particulièrement plébiscitées par les professionnels de la restauration pour leur légèreté et leur rapport qualité-prix, et vient de faire son entrée sur le segment de la fonte d’acier émaillée avec une collection de cocottes dont les premières retombées sont encourageantes, et qui fera l'objet d'une extension en 2026.
La nouvelle gamme Glamour de Mepra en acier inox 18/10 est dotée de manches soudés sans rivets internes, assurant une surface interne parfaitement lisse et facile à nettoyer.
Le fond inox procure une diffusion de la chaleur optimale et homogène, permettant une cuisson efficace tout en réduisant la consommation énergétique.
La finition miroir améliore la résistance aux taches tout en offrant une présentation premium en rayon.
Plusieurs pièces intègrent une échelle graduée intérieure, permettant un dosage précis des liquides. Prix public : 118,95 € la casserole de 16 cm.
UN NOUVEAU SITE LOGISTIQUE POUR LA BRIGADE DE BUYER
Le groupe La Brigade De Buyer unifie l’organisation de ses opérations logistiques avec la construction en 2025 d’un site logistique au Val-d’Ajol (Vosges), à quelques kilomètres de son usine historique et à proximité de l’axe routier RN57, avec le soutien d’un investisseur local et des collectivités territoriales. Implanté sur un terrain de plus de 26 300 m², cet entrepôt de 6 000 m² qui répond aux critères environnementaux actuels, présente 9 quais de chargement et de déchargement et intègre des solutions de dernière génération pour améliorer les process et réduire la pénibilité : nouvel ERP et WMS avec préparation assistée, afin d’optimiser le picking selon la taille et le poids des produits, réduire les risques erreurs, améliorer la productivité et permettre des expéditions en 72 heures, voire 48 heures.
Mis en service au cours du dernier trimestre 2025, ce bâtiment remplace plusieurs stocks dispersés en France (Thiers pour la coutellerie, Cavaillon pour N2J, Val-d’Ajol pour De Buyer), centralisant l’ensemble des références des marques de La Brigade De Buyer (De Buyer, Pebbly, Sabatier, 32 Dumas). Cette mutualisation a un impact concret pour les partenaires détaillants du groupe : après la fusion des équipes commerciale et ADV en juin dernier pour offrir un interlocuteur unique par point de vente, le nouveau système de facturation sera appliqué dès le 8 janvier 2026, avec un seul franco, une seule commande, une seule facture et une seule livraison pour l’ensemble des marques de La Brigade De Buyer.
« Notre unique ligne d’acier carbone tourne actuellement en 3x8, explique Guilhem Pinault. Cette deuxième ligne nous permettra de repasser en 2x8. Nous allons également pouvoir augmenter les capacités des lignes d’acier inoxydable et de cuivre. » Guilhem Pinault remarque en outre l’émergence d’une nouvelle génération de cuisiniers : « Ces “neo-cookers” sont à la recherche de produits de qualité, mais colorés, légers et pratiques. Pour eux, la fonte d’aluminium haut de gamme constitue une porte d’entrée accessible vers l’univers premium, aux côtés des marques plus historiques souvent perçues comme très professionnelles vers lesquelles ils se tourneront sans doute une fois que leurs compétences culinaires se seront étoffées. Une partie de la croissance du marché premium est sans doute due à ces clients. »
Le lancement en novembre de la gamme Plume de Beka illustre par exemple cette tendance : avec cette série courte de cocottes en fonte d’aluminium revêtue céramique, le fabricant met l’accent sur le confort d’usage et un tarif accessible (prix public : 139 € la cocotte 6 l). Conçue en aluminium recyclé à plus de 91 %, Plume entend offrir une solution.
Les poêles Nordico d’Artame sont conçues en acier inoxydable 18/10 avec un manche en inox. Leur triple fond encapsulé de 6,5 mm assure une diffusion homogène de la chaleur.
Les bords roulés facilitent le versement. La gamme comprend des poêles à 20, 24, 26 et 28 cm, proposées soit avec un fond lisse, soit avec un fond alvéolé permettant d’obtenir un marquage type gril sur les aliments.
S’y ajoutent des sauteuses (poêle + couvercle inox) à 24 et 26 cm. Fabrication : Portugal. Distribution : Patisse | Mali’s. Prix public : à partir de 59,90 € la poêle à 20 cm alternative plus légère aux modèles traditionnels en fonte, tout en répondant aux attentes actuelles en matière de praticité pour la cuisine au quotidien.
STRATÉGIES CROISÉES
Si les marques patrimoniales consolident leurs positions, les acteurs plus récents gagnent en visibilité. Forte de plus de 100 000 poêles et 150 000 ustensiles de cuisson en inox 3-ply vendus en moins de trois ans, Atma compte aujourd’hui plus de 60 000 clients. Après s’être d’abord concentrée sur la vente en ligne, la marque a ouvert sa distribution au retail physique en 2025, épaulée par quatre commerciaux de terrain répartis en France : elle compte une soixantaine de boutiques partenaires spécialisées en ustensiles de cuisine, des drogueries ou plus généralement dans les biens de consommation pour la maison.
Pour accompagner ce développement, elle met en place des outils pédagogiques sur l’inox, ainsi que des supports destinés à soutenir le drive-to-store. Du côté de l’offre, l’année 2026 sera ponctuée de plusieurs lancements : développement de la gamme en fonte fabriquée en Espagne (nouveaux coloris), lancement d’un couteau made in Japan et, bien entendu, développement de sa gamme inox (développement des cuissons spécialisées et de nouveaux formats).
Une édition limitée d’ustensiles à manches dorés est sortie pour cette fin d’année mais de nouvelles séries limitées sont à prévoir en 2026, et, surtout, une collection à poignées amovibles est à l’étude.
Chez Joseph Joseph, la cuisson est en passe de devenir un pilier aux côtés des catégories historiques de la marque (les accessoires de cuisine et la buanderie) : la gamme Space céramique, lancée en 2024, représente d’ores et déjà 14 % du chiffre d'affaires français. « La cuisson pèse le même poids en quelques mois seulement que la buanderie, segment que nous travaillons depuis des années », relève Nicolas Bouche. Après cinq années de R&D, Joseph Joseph a dévoilé cette année Space Steel, une batterie conçue pour répondre à l'enjeu clé de l'optimisation du rangement, grâce notamment aux poignées brevetées SwingLock. Les ustensiles sont en acier inoxydable triple épaisseur, avec un noyau en aluminium favorisant une diffusion homogène de la chaleur et leurs poignées pliantes en inox sont testées pour une durée d'usage de 20 ans.
DISTRIBUTION, LOGISTIQUE, SERVICES : DES TERRAINS DÉCISIFS
Au-delà du produit lui-même, les industriels et les marques sont à l'œuvre sur l'accompagnement de leur réseau de distribution. Le groupe Zwilling fait pour sa part évoluer progressivement son organisation logistique, jusqu’alors internalisée, en l'externalisant afin d’améliorer le service client.
« Notre modèle était à l'origine conçu pour des livraisons en conteneurs ou sur palettes, mais la montée en puissance du BtoC nous conduit désormais à répondre à des besoins d’expédition unitaire, d’où le recours à un prestataire spécialisé, explique Nathalie Chabert. Cette transition, préparée depuis un an, concerne l'ensemble de nos flux, aussi bien BtoB que BtoC. »
Le groupe déploie en outre une solution de dropshipment pour les détaillants : ces derniers seront ainsi en mesure de proposer l'ensemble du catalogue de Zwilling sans avoir à stocker toutes les références, en s’appuyant sur des expéditions directes au consommateur.
Atma Kitchenware développe de son côté des outils dédiés au commerce physique : catalogue complet pour commandes en boutique (et non plus en précommande sur le site), mise à disposition des visuels et tutoriels vidéo, réflexion sur de nouveaux supports de merchandising.
La Brigade De Buyer a quant à elle déployé en 2025 un programme partenaires structuré, pour l'heure relatif à l'assortiment pâtisserie, via une solution complète de merchandising. « Ce dispositif renforce la visibilité des produits en magasin et stimule les rotations avec une segmentation claire par usage, pensée comme un parcours d’achat d’expert, qui permet au magasin qui l’adopte de réaliser 30 % de croissance au minimum, explique Guilhem Pinault. Nous notons une très forte demande de lisibilité et de compréhension de la part des consommateurs, et c'est peut-être ce qui permet d’aller plus vite que le marché et d’entretenir la relation avec le client. »
CRISTEL : ANNÉE HISTORIQUE EN 2025, CAP SYMBOLIQUE EN 2026
Dans la lignée d’un bilan 2025 exceptionnel, dopé par l’engouement des consommateurs pour l’acier inoxydable et soutenu par la fidélité de son réseau de détaillants, Cristel continuera d’investir dans ses capacités de production, de livraison et dans le développement international, avec des résultats particulièrement satisfaisants en Asie ainsi qu’aux Pays- Bas. Son nouveau pôle logistique, désormais opérationnel, lui permet déjà de doubler ses capacités de préparation et d’expédition. En 2026, Cristel étoffera en outre la collection Castel’Pro, plébiscitée par les particuliers et les professionnels pour ses performances de cuisson. Aux côtés du sautoir aux lignes professionnelles, la gamme s’élargira avec une poêle au design plus classique ainsi que de nouvelles références ovales. Parallèlement, l’activité dédiée au CHR se structure avec un pilotage dédié, confié à Léo Dodane.
Cristel collabore également avec un célèbre designer français sur la création de poignées et d’anses amovibles dont le lancement est prévu en septembre prochain. Cristel célèbrera par ailleurs les 200 ans de l’usine de Fesches-le- Châtel en 2026. Un produit anniversaire, variation de la collection 1826, sera dévoilé à Ambiente, habillé de finitions « vintage chic », annonce Damien Dodane.
À noter par ailleurs que l’entrée cette année de La Brigade De Buyer au sein du groupe SEB s’inscrit dans une démarche stratégique destinée à renforcer la présence de ce dernier sur le segment professionnel.
Le Synetam dont Guilhem Pinault est vice-président, mène pour sa part plusieurs projets visant à accompagner le développement de la filière : « La priorité reste donnée à la sensibilisation des consommateurs à l’utilisation, à l’entretien et à la durée de vie des ustensiles de cuisson : en résumé, tout ce qui peut améliorer leur connaissance et compréhension des différents matériaux », souligne Guilhem Pinault. L'organisation travaille également sur les problématiques relatives à la RSE (origine des produits, réparabilité, recyclabilité) et sur la promotion des cadres réglementaires permettant aux adhérents de s'y repérer. Autre chantier d'envergure en 2026 : l’analyse du marché. Synetam œuvre en effet à l’instauration d’un panel conforme aux règles relatives à la concurrence afin de mesurer et suivre l’évolution des ventes d'ustensiles, selon le principe d’une déclaration mensuelle anonyme de chiffre d'affaires, consolidée par un organisme indépendant, pour fournir des indicateurs réguliers à ses adhérents. Objectif : structurer une démarche collective permettant la publication de statistiques trimestrielles, voire mensuelles, fondées sur des contributions anonymisées et gérées de manière confidentielle. « Si à terme nous pouvions combiner ces données avec les sorties de caisse des principaux réseaux, cela constituerait une avancée majeure pour la lecture du marché », espère Guilhem Pinault.
Si les résultats 2025 tendent en faveur de la vigueur de certaines catégories, son contexte souligne en effet la nécessité d'une connaissance plus fine du marché. Un nouveau cycle se dessine-t-il pour la filière des ustensiles de cuisson ? Portées par une demande sans précédent pour l'inox, la fonte et l'acier carbone, les marques font preuve de leur capacité à innover, à sécuriser leur distribution et à accompagner les utilisateurs dans la compréhension des matériaux et des usages. L’année 2026 se profile ainsi sous le signe d’un marché plus technique et plus structuré, où la valeur migre petit à petit vers la maîtrise de l'usage (conseiller, expliquer). La pédagogie et l'excellence opérationnelle seront donc indispensables aux côtés de la performance produit pour consolider la dynamique observée en 2025.