Dossier

CUISINE MAISON : LES USTENSILES À L’ÉPREUVE DU QUOTIDIEN

24 août 2026
Par : Sophie KOMAROFF

Sous l’effet de consommateurs qui souhaitent mieux s’alimenter sans ajouter de complexité à leur quotidien, les conditions du fait maison évoluent. Ce qui implique pour les marques de lever des irritants afin de rendre le geste plus simple et le résultat plus sûr. Pour les détaillants, l’enjeu consiste à rendre visibles en rayon des bénéfices d’usage concrets, capables de justifier la valeur du produit et sa place dans la cuisine.

Le blender portable nutribullet Flex simplifie la préparation des boissons nomades grâce à sa tasse graduée de 590 ml, son bloc de lames détachable et son couvercle de voyage avec poignée flexible.
Rechargeable en USB-C, il permet de mixer des smoothies et des boissons fraîches à la demande, y compris avec de petits glaçons ou des ingrédients congelés. Prix public : 69,90 €.

La cuisine domestique change de conditions. Le consommateur ne veut pas forcément cuisiner plus longtemps, ni revenir à un modèle quotidien exigeant où la préparation du repas cadence la fin de journée. Il veut plutôt avoir la possibilité de mieux s’alimenter sans alourdir son emploi du temps. Une nuance décisive pour les détaillants d’ustensiles culinaires : le marché ne se construit pas seulement autour du gain de temps, mais autour de la capacité à rendre le geste plus accessible, le résultat plus sûr et l’usage plus reproductible. Le bilan 2025 du petit électroménager (PEM) culinaire publié en février par le Gifam illustre cette tendance. La cuisson des aliments, qui représente 16 % de la valeur du PEM, se maintient quasiment à l’équilibre (- 0,3 % en valeur). Dans cet univers, l’air fryer poursuit sa progression, avec + 9,1 % en valeur après une hausse exceptionnelle de 129 % en 2024. L’appareil se hisse au troisième rang du chiffre d’affaires du PEM, à 304 millions d’euros, avec près de 3,4 millions d’unités vendues en 2025 et une présence dans 38 % des foyers, soit dix points de plus que l’année précédente. Une étude menée en mai dernier par Ifop pour Pyrex met de plus en évidence une évolution plus large du rapport à la cuisine, au-delà du seul équipement. Plus de 88 % des personnes interrogées estiment que « l’air fryer simplifie la cuisine au quotidien et la rend plus accessible aux personnes peu habituées à cuisiner. » Plus de 81 % considèrent également qu’il permet de cuisiner plus sainement, tandis que 84 % jugent qu’il modernise les pratiques culinaires. 

Conçu et développé à Auch, le stérilisateur Fast’auch de Le Pratique de 33 l dispose de 32 recettes préprogrammées pour les conserves maison. Il intègre également un mode manuel, un programme de nettoyage, une minuterie jusqu’à 180 minutes, une cuve en inox brossé, un couvercle verrouillable et une sécurité anti-marche à sec. Doté d’une double résistance de 2 200 W, il peut accueillir jusqu’à 14 bocaux de 1 l. Prix public : 199,90 €.

Des résultats qui signent que l’air fryer devient l’outil d’une cuisine plus intuitive, moins contraignante et plus adaptée aux usages actuels. Pyrex élargit ainsi cette année son offre dédiée à l’air fryer avec une nouvelle génération de plats en verre dotés d’une poignée amovible clipsable en acier inoxydable afin de faciliter la manipulation et à permettre un passage direct de la cuisson au service à table. La gamme s’enrichit également de deux nouveaux formats, adaptés aux appareils à simple et double panier. En parallèle, Pyrex développe une offre en métal comprenant des moules à muffins individuels et un moule rectangulaire spécifiquement conçus pour ces usages, avec revêtement antiadhésif sans PFAS et des poignées. 

PRÉCISER LE BÉNÉFICE

Pour Thibault Houelleu, CEO de M&Co, les freins au fait maison relèvent à la fois de leviers culturels et sociétaux. « Deux nous paraissent particulièrement d’actualité, témoigne-t-il. La première est le manque de temps : cuisiner est perçu comme une activité longue. Il faut faire les courses, préparer, ranger, nettoyer. Entre les activités multiples des familles, les obligations de chacun, et les contraintes professionnelles, le consommateur a recours à des solutions plus rapides (plats tout prêt, traiteurs, livraison express), et veut davantage de temps pour lui. La seconde explication réside dans les solutions express : les services tels que Uber Eats ou Deliveroo rendent le prêt-à-consommer extrêmement accessible. Depuis la pandémie de covid-19, l’envie de cuisiner est de plus en plus ressentie comme un fardeau, en particulier en ville. » Autrement dit, le consommateur ne rejette pas forcément la cuisine maison, mais plutôt l’accumulation de contraintes qui l’entourent.

Cette évolution oblige les marques à préciser ce qu’elles simplifient. Le mot “pratique” ne suffit plus à lui-même. S’agit-il de réduire l’effort ? De limiter le nettoyage ? De gagner de la place ? De garantir un démoulage ? De mieux conserver les aliments ? De sécuriser une cuisson ? Le bénéfice doit être concret, démontrable et immédiatement compréhensible. « Ce n’est pas tant l’usage des produits qui suscite des interrogations, mais plutôt le résultat final obtenu en cuisinant soi-même », poursuit Thibault Houelleu (M&Co). L’équipement revêt donc une fonction de réassurance en mettant en évidence qu’un repas de qualité peut être préparé sans y consacrer des heures. 

CONSERVATION : DU CONTENANT À L’ORGANISATION DU REPAS

Gamme de plats à four en verre borosilicate à l’effet céramique signée Pebbly. déclinés dans deux coloris (rouge grenat et crème) et dotés de couvercles en verre cerclés de silicone, ces plats sont disponibles en
formats rectangulaires et carrés (contenances de 0,8 l à 3,6 l). Compatibles avec le four (sans couvercle), le micro-ondes, le congélateur et le lave-vaisselle. Prix publics à partir de 24 €.

Cette logique traverse l’ensemble des catégories, de la conservation à la petite coutellerie, de la cuisson aux accessoires pour air fryer. Arnaud Douadi, chef de produit chez Pebbly (La Brigade De Buyer), rattache le “mieux manger” à plusieurs aspirations : davantage de produits frais ou peu transformés, davantage de variété dans les repas, un meilleur équilibre alimentaire, mais aussi le plaisir, avec un résultat gustatif plus abouti mais en cuisinant de façon simple. « Plaisir et santé ne sont plus incompatibles, bien au contraire », résume-t-il. Outre le manque de temps, le frein principal reste toutefois au quotidien le manque d’idées. « Quand le consommateur ne sait pas quoi préparer, il cuisine moins et se tourne vers une solution toute prête. Les recettes intégrées aux robots culinaires, les applications ou les box repas répondent à cette panne d’inspiration », relève Arnaud Douadi.
Toutefois, les ustensiles ne font pas de la figuration : ils rendent la préparation plus évidente. C’est en tout cas le credo de Pebbly qui entend être le “mentor de la déco-éco-cuisine” : « Comme en bricolage, de bons outils font gagner du temps et améliorent le résultat : en cuisine, le choix des ustensiles joue le même rôle », affirme Arnaud Douadi.

La conservation est une des illustrations de ce changement. Longtemps traitée comme un rayon fonctionnel, elle a muté en catégorie d’organisation culinaire. Pebbly dont c’est l’un des coeurs de métier, insiste sur un point : « Aujourd’hui, la conservation n’est plus seulement de la conservation. » Une boîte sert aujourd’hui à conserver, mais aussi à cuire, à mariner, à préparer une portion individuelle, à transporter un repas ou à cuisiner au four et à l’air fryer selon les références. La marque travaille ainsi des « compléments d’usage » pour mettre en évidence que le contenant n’est plus seulement destiné au réfrigérateur, mais peut s’inscrire dans toute la chaîne du repas. Cette lecture est aujourd’hui renforcée par le contexte économique. La conservation répond à la volonté de manger des produits frais ou moins transformés, mais aussi à la réduction du gaspillage. Avec le prix des aliments, ce dernier point devient un enjeu de gestion budgétaire. Le batch cooking et le sous-vide endossent alors une autre dimension : préparer en amont, conserver mieux, éviter de jeter, réutiliser sans multiplier les contenants. « Les produits dédiés au batch cooking et au sous-vide performent et constituent une part importante de notre chiffre d’affaires », confirme Arnaud Douadi, soulignant le bon accueil rencontré par la gamme de plats à four dotés de couvercles munis d’une valve sous-vide, lancée fin 2025, permettant de cuisiner puis de conserver dans le même récipient. Le rayon conservation pose cependant un problème concret au commerce : il occupe de la place. « La conservation ce sont des boîtes dans lesquelles il y a du vide », reconnait Arnaud Douadi. Pour maintenir une offre conséquente en linéaire, il importe donc de prouver que le produit vaut l’espace qu’il prend. La matière devient un critère d’achat important, avec une recherche de matériaux rassurants, en particulier le verre. La praticité, la polyvalence et l’esthétique comptent également, car l’objet circule entre le réfrigérateur, la table, le sac de transport, voire le bureau. D’où l’importance du packaging, de l’information en magasin, de la PLV et du discours vendeur pour expliquer qu’une boîte n’est pas « juste une boîte ».

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L’AIR FRYER S’INSTALLE DANS LES CUISINES FRANÇAISE

Selon une étude Ifop pour Pyrex, 45 % des Français possèdent désormais un air fryer. 56 % des détenteurs l’ont acheté il y a moins d’un an. Parmi les non-équipés, 19 % envisagent d’en acquérir un prochainement. L’appareil semble aussi dépasser l’effet de curiosité. Près de 80 % des possesseurs déclarent en effet qu’il a changé leur manière de cuisiner, et plus de 8 utilisateurs sur 10 s’en servent une fois par semaine au minimum. Près de 20 % l’utilisent presque tous les jours. Le premier bénéfice cité reste le gain de temps, mentionné par 54 % des utilisateurs, suivi de la simplification du quotidien (34 %), de la possibilité de cuisiner plus sainement (31 %) et des économies d’énergie (27 %). L’étude révèle également un élargissement des usages. 88 % des Français estiment que l’air fryer simplifie la cuisine au quotidien, 81 % qu’il permet de cuisiner plus sainement et 84 % qu’il modernise les pratiques culinaires. L’appareil n’est plus perçu comme réservé aux jeunes générations : 73 % des Français considèrent qu’il s’adresse à tous les âges. Les usages identifiés dépassent en outre les fritures : 92 % pensent qu’il permet de cuire des légumes rôtis, 79 % des gratins, 69 % des gâteaux, et plus d’un Français sur deux des plats en sauce. Les freins demeurent toutefois la capacité des appareils, le nettoyage, les cuissons parfois inégales et le manque d’accessoires adaptés. Pyrex, qui a vendu 1,5 million de plats air fryer dans 55 pays depuis 2024, développe notamment cette année de nouveaux formats en verre et une offre métal sans PFAS.
* Enquête réalisée en mai 2026 auprès de 1 004 Français de 18 ans et plus.

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FACILITER L’EFFORT, LE NETTOYAGE ET LA PRÉCISION

Le presse-ail Susi 4 de Zyliss a été récompensé lors des Global Honoree aux Global Innovation Awards 2026, dans la catégorie Kitchen Hand Tools + Cutlery, à l’occasion de The Inspired Home Show de Chicago. Il a également remporté un Red Dot Design Award 2026. Des distinctions qui saluent l’évolution d’un ustensile emblématique de la marque suisse, dont le premier modèle a été conçu en 1948 par Karl Zysset. Cette nouvelle version conserve le principe historique du Susi en améliorant l’ergonomie et l’usage quotidien. Réalisé en aluminium moulé, doté d’un revêtement antiadhésif sans PFAS, le Susi 4 dispose de poignées plus longues pour réduire l’effort, d’une chambre agrandie permettant de presser plusieurs gousses, même non épluchées, et d’une grille pivotante facilitant le nettoyage.

La même exigence de démonstration s’applique aux petits ustensiles. DK Household Brands qui détient notamment la marque Zyliss, identifie trois irritants récurrents en préparation culinaire : l’effort, le nettoyage et la précision. « Ces trois éléments reviennent systématiquement dans toutes les catégories, de la découpe au râpage, en passant par le pressage et l’essorage », constate Boaz van der Weijden, head of sales Benelux, France, Scandinavia & Latam. La conception du presse-ail Susi 4 de Zyliss, récompensé par un Global Honoree aux Global Innovation Awards 2026 à Chicago, vise justement à concentrer plusieurs réponses à ces irritants : « Ses poignées ergonomiques allongées limitent l’effort nécessaire, y compris pour presser de grosses gousses non épluchées. Sa chambre, agrandie de 30 % par rapport au modèle précédent, permet de traiter plusieurs gousses à la fois, tandis que sa grille pivotante, qui s’ouvre automatiquement lorsque l’ustensile est entièrement déployé, facilite un nettoyage rapide et complet. Elle évite ainsi d’avoir à retirer les résidus d’ail à la main, avec l’odeur persistante que cela peut laisser sur les doigts », énumère Boaz van der Weijden. Une praticité qui réside moins dans la nouveauté qu’à la résolution d’une situation courante en cuisine : presser sans forcer, éviter les manipulations inutiles et nettoyer sans y passer du temps. Zyliss applique d’ailleurs cette approche à plusieurs produits : le presse-ail qui fonctionne sans épluchage préalable, le hachoir qui permet une coupe régulière sans planche ni couteau, ou l’essoreuse dont le panier AquaVent draine 20 % d’eau en plus par rapport aux modèles précédents et comporte un bec verseur permettant d’égoutter facilement l’eau extraite sans avoir à retirer le couvercle. « Dans chaque cas, le problème est réel, la solution est immédiate », résume Boaz van der Weijden.

L’ergonomie occupe également une place croissante. Pour Boaz van der Weijden, la sensibilité des consommateurs à la prise en main, à la réduction de l’effort et à la facilité de nettoyage n’est pas une tendance passagère, mais un phénomène structurel. « Les consommateurs qui cuisinent régulièrement finissent par percevoir le coût physique d’ustensiles mal conçus », poursuit-il. Fatigue du poignet, geste imprécis, nettoyage fastidieux et pour conclure produit qui finit par ne plus être utilisé. Raison pour laquelle chez Zyliss, « l’ergonomie est une exigence de conception intégrée dès le cahier des charges, pas une fonction ajoutée à la fin », explique Boaz van der Weijden. Dans un rayon dense, où beaucoup de produits se ressemblent, cette lisibilité en matière d’ergonomie devient un argument de sélection.

RENDRE VISIBLE LA VALEUR D’USAGE

Nogent*** accompagne la refonte de sa plateforme de marque par une évolution de ses packagings, conçus pour mieux valoriser ses produits en magasin. Étuis, cartes brochables avec film transparent, coffrets et présentoirs mettent en avant les couteaux de face, avec manche et lame visibles.
Ces supports 
permettent aussi de faire passer les informations utiles à l’achat : fabrication française, choix des matériaux, qualité du tranchant
et conseils d’usage.

Un diagnostic similaire pourrait s’appliquer à la petite coutellerie, sous l’angle du merchandising. Le potentiel des couteaux d’office, des éplucheurs et autres petits outils de coupe est pourtant parfois insuffisamment exploité en magasin, ainsi que le regrette Aymeric Géant, CEO de Nogent*** : « Présentés en pots, lame vers le bas, ces produits ne montrent souvent que leurs manches. Le client doit les sortir pour comprendre leur fonction, sans toujours identifier la marque ni la différence de tranchant. Du point de vue du client, ce n’est pas très pratique ! » La marque a donc développé des présentoirs montrant le produit de face, manche et lame visibles, ainsi que des cartes brochables permettant de faire passer ses principaux messages : fabrication française, choix du matériau, qualité du tranchant, conseils d’usage. Un sujet qui loin d’être secondaire, concerne directement la valeur perçue. « Un couteau d’office qui coupe bien, cela change la vie », fait en effet valoir Aymeric Géant. Acier, épaisseur de lame, flexibilité, affilage manuel, continuité du fil : autant d’éléments invisibles au premier regard, mais déterminants dans l’usage. « Oui, ce sont de petits produits peu onéreux, mais s’ils ne sont pas efficaces, ils sont encore trop chers ! »

Cette phrase résume l’enjeu auquel fait face la petite coutellerie. Le prix bas peut conduire à banaliser le segment, alors même que ces outils sont utilisés très fréquemment. Avec sa gamme Affidenté, dont les lames se caractérisent par leurs quatre dents au millimètre, Nogent*** entend montrer qu’un couteau d’office peut apporter un bénéfice spécifique. Cette différence ne se voit pas toujours immédiatement ; elle doit donc être expliquée sur le packaging et en point de vente. « Rien de tel qu’un vendeur convaincu qui utilise le produit chez lui, ajoute Aymeric Géant. Même en libre-service, le conseiller de vente peut apporter de la valeur en clarifiant l’offre et en transformant un achat peu impliquant en choix raisonné. Les détaillants ont donc tout intérêt à ne pas sous-estimer ces produits, qui peuvent générer une récurrence d’achat intéressante. Leur prix accessible constitue un levier à valoriser : il facilite des achats peu impliquants, mais renouvelés plus fréquemment. En les mettant davantage en avant, le magasin peut encourager le client à compléter progressivement son équipement et à revenir plus régulièrement. »

TRADUIRE L’ARGUMENT PROFESSIONNEL EN BÉNÉFICES CONCRETS

Cette année, Microplane étoffe sa gamme PureCut en proposant une nouvelle déclinaison de sa râpe multiface.Son design à 4 faces comporte en réalité 5 lames made in USA selon le procédé de photochimie propre à la marque : lame fine, gros grains, ultra-gros grains, doubletranchant, coupe large. Objectif : procurer tous les résultats de râpe avec un seul ustensile. Disponibilité : été 2026. Prix public : 54,95 €.

À un niveau différent de technicité, Lacor travaille la transposition de son offre professionnelle vers le marché domestique. Christophe Decanter, directeur commercial France de la marque espagnole, résume l’attente autour de produits « efficaces, robustes, qui durent dans le temps et simples d’utilisation ». Loin d’être une simple caution, l’argument professionnel est à traduire en bénéfices : résistance, précision, gain de surveillance, performance thermique, praticité. « Le prix n’est pas à mettre en avant en premier, estime Christophe Decanter. Pour vendre un produit utilisé en restauration, le détaillant doit préalablement être en mesure d’expliquer pourquoi le professionnel l’a choisi. » Sur le segment de la cuisson par exemple, l’inox reste central, aux côtés de la fonte d’aluminium. Cette dernière s’est d’abord imposée auprès des professionnels pour son caractère pratique, avec un argument décisif : son poids, nettement inférieur à celui de la fonte d’acier. Un critère qui a fortement contribué au développement des ventes sur le marché professionnel. « D’autres éléments ont également joué en sa faveur, notamment son positionnement prix et la profondeur des gammes proposées, poursuit Christophe Decanter. Pour le grand public, nous avons mis l’accent auprès de nos revendeurs sur l’argument de la légèreté, avec un produit plus maniable au quotidien, mais aussi sur sa montée rapide en température. »

Le cuiseur basse température sous vide Gourmet de Lacor procure une cuisson saine et savoureuse, conservant les vitamines et les nutriments des aliments. Programmation de la température entre 20°C et 90°C affichée sur son écran tactile. Système de circulation d’eau afin que la température soit uniforme. S’adapte à tous types de contenants (casseroles, marmites, etc.) jusqu’à 15 l. Prix public : à partir de 260 €.

La cuisson sous vide avec thermoplongeur illustre également cette passerelle entre les univers professionnel et domestique. Avec ce produit, Lacor entend apporter une réponse à plusieurs attentes des particuliers : cuisson régulière, absence de surcuisson, moindre surveillance, réduction ou suppression de la matière grasse. « Une fois lancé, le processus ne nécessite pas le même niveau d’attention qu’une cuisson classique. Associé à une machine de mise sous vide et à des boîtes adaptées, il prolonge aussi la conservation et limite le gaspillage », décrit Christophe Decanter. Chez Lacor, la machine à faire le vide figure dans le top 5 des ventes. La catégorie du “prêt à brancher”, qui regroupe notamment les machines sous vide et à basse température, figure d’ailleurs parmi les catégories les plus dynamiques.


Cette montée en gamme suppose toutefois un accompagnement précis. Le particulier peut être rassuré par l’origine professionnelle d’un produit, mais il a besoin de comprendre à quel usage l’associer : quelle cuisson, pour quel aliment, avec quelle organisation, quel résultat par rapport à une méthode traditionnelle ? Pour cela, Lacor a choisi de segmenter son offre du produit recommandé pour un usage domestique jusqu’au matériel professionnel, en laissant au consommateur la possibilité d’accéder au semi-pro. Pour les détaillants, cela induit une connaissance produit solide, car la vente ne repose pas seulement sur la disponibilité d’un équipement mais sur la capacité à en rendre l’usage crédible. 

PRÉCISION, COMPACITÉ, RECETTES : D’AUTRES VOIES DE SIMPLIFICATION

Le bloc magnétique Continenta associe le rangement
horizontal des couteaux et une planche àdécouper 
Duracore intégrée, pour regrouper les gestes de
coupe et libérer le plan de travail. Amovible, la
planche est composée à 80 % de matériau recyclé,
compatible lave-vaisselle, résistante jusqu’à 180 °C
et conçue pour préserver les lames.

Little balance aborde la simplification par des entrées différentes, telles que la précision, la compacité, la convivialité ou encore l’adaptation des recettes. « Si la balance de cuisine reste principalement achetée pour la pâtisserie, où la précision est essentielle, avec Nutriconnect, lancée au printemps, nous avons ajouté une dimension nutritionnelle, précise Caroline Cadeau, directrice marketing de Little balance. Connectée à une application dédiée, la balance calcule les calories, les lipides ou les glucides selon l’aliment et la quantité. Le produit vise les consommateurs qui souhaitent surveiller leur alimentation, mais aussi certains profils ayant besoin d’un suivi plus précis, notamment autour du diabète. » La simplification consiste dans ce cas-là à rendre accessible une information que l’utilisateur ne maîtrise pas forcément.

L’encombrement apparaît comme un autre frein. Little balance travaille des appareils compacts, tels que sa machine à espresso digitale de 12 cm de large, ou son air fryer conçu en longueur plutôt qu’en largeur. Le prix restant un critère sensible, la marque mise sur ses packagings pour faire ressortir les “plus” produit. Le robot Happy Mix, doté d’un entonnoir dans le couvercle pour réaliser une mayonnaise en évitant les projections d’huile, illustre une innovation d’usage : elle ne transforme pas la recette, mais résout un irritant précis.

En matière de petit électroménager culinaire, le succès de l’air fryer repose en grande partie sur la facilité d’utilisation. « Les programmes étant déjà établis, il n’y a plus qu’à choisir, note Caroline Cadeau. Mais force est de reconnaître que bon nombre d’appareils proposent des programmes standardisés à l’échelle internationale (pizza, ailerons de poulet, crevettes) qui ne correspondent pas toujours aux repas préparés en France. Nous travaillons donc à adapter les produits et les livrets de recettes à la cuisine française : programme flammeküche sur un four à pizza, recettes de légumes, de viandes, de poissons, de gâteaux ou pains à l’air fryer, mais aussi livret de cuisine créole développé pour nos partenaires des territoires d’outre-mer. Ainsi, l’appareil ne reste pas cantonné à quelques usages répétitifs. »

L’iconique gamme d’appareils à raclette Little balance Les Meuuuh s’enrichit de nouvelles références appelées Meuuuh Box. Le plus ? Un rangement astucieux des poêlons, des spatules, des repose-poêlons et du câble. Les repose-poêlons en bois
se glissent sur les côtés et permettent de ranger tous les accessoires. Avec sa puissance de 400W, l’appareil gagne aussi en efficacité tandis que les poêlons XL permettent d’intégrer 25 % de fromage en plus. Gril sans PFAS. 4 couleurs en format duo : marmotte, terra cotta, épicéa, saphir. Prix public : 24 €. Également disponible en format Connect pour connecter jusqu’à 5 appareils à raclette sans multiplier les fils ; coloris marmotte et épicéa. Prix public : 27 €.


La simplification concerne aussi l’après-usage. Également signée Little balance, la nouvelle Meuuuh Box, dans l’univers de la raclette, ne modifie pas la préparation du repas mais résout la question du rangement. Les repose-poêlons sont en effet dimensionnés pour permettre de refermer l’appareil grâce à un système d’encoches, comme une boîte, sans conserver le carton d’origine. « L’innovation ne concerne pas la préparation de la raclette, mais le rangement du produit une fois utilisé », résume Caroline Cadeau qui fait ainsi valoir qu’un produit culinaire est susceptible de gagner en pertinence simplement parce qu’il s’intègre mieux dans la vie domestique. 

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OXO INVESTIT LE SEGMENT DE LA CUISSON

Oxo étend son territoire des ustensiles à la cuisson avec une collection cookware composée de trois gammes. Mira (photo), en inox 3-plis, vise les utilisateurs en recherche de précision et d’une diffusion homogène de la chaleur grâce à une structure associant acier inoxydable et coeur en aluminium. Certaines poêles Mira sont également proposées avec un revêtement céramique antiadhésif « renforcé aux diamants » précise la marque. Ceramic Professional Antiadhésive présente un corps en aluminium anodisé dur et un revêtement céramique sans PFAS, également renforcé aux diamants, pour combiner résistance, contrôle thermique et facilité d’entretien. La série Agility se positionne quant à elle sur un usage plus quotidien, avec des pièces plus légères et faciles à manipuler. Les trois collections sont compatibles tous feux et induction, ainsi qu’avec le lave-vaisselle. Prix publics pour la poêle ø 20 cm : à partir de 99,90 € pour Mira, 84,90 € pour Ceramic Professional et 41,90 € pour Agility.

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LA PÉDAGOGIE AU COEUR DE L’USAGE

Lékué travaille pour sa part deux terrains où la pédagogie est déterminante : le four à micro-ondes et l’air fryer. Le micro-ondes reste associé au réchauffage et à la décongélation – des aspects purement utilitaires – et rarement à la cuisine. Pourtant, selon Pierre Bomme, responsable marketing de Lékué, sa perception évolue sous l’effet de la recherche de rapidité et de simplicité. « Les Français déclaraient passer 25 minutes par soir en cuisine en 2025, contre 30 minutes en 2007 et 35 minutes en 1997. Cette réduction du temps disponible crée un espace pour des outils permettant de cuisiner avec moins d’ustensiles, moins de casseroles et moins de surveillance », explique-t-il.

Lékué transforme l’air fryer en gril avec le nouveau Grill Air Fryer. Grâce à sa grille surélevée, les aliments cuisent au plus près de la résistance pour un résultat
croustillant et doré, tout en laissant les graisses s’écouler dans le fond du plat. Ses rebords anti-débordement procurent une cuisson propre, sans fumée ni odeurs, tandis que ses poignées extensibles facilitent la manipulation en toute sécurité. Facile à utiliser et à nettoyer, il permet de cuisiner des repas faits maison savoureux avec très peu d’huile. Prix public : 29,90 €.

Le frein principal reste toutefois psychologique et matériel, en raison des inquiétudes du consommateur qui pèsent non plus sur le four à micro-ondes en lui-même, mais sur les matériaux placés à l’intérieur. « Les marques sont face à un vrai enjeu pour proposer des produits adaptés, et conçus pour la cuisson, pas seulement pour le réchauffage », poursuit Pierre Bomme. Lékué positionne donc ses accessoires sur des préparations salées et sucrées : vapeur, gril, mijoté, rôtissage, pâtisserie, et fait aussi valoir le rôle du four à micro-ondes pour préserver les nutriments, les saveurs et les vitamines, tout en reconnaissant qu’« il y a encore une marche psychologique assez haute à gravir ». Dans ce contexte, le détaillant devient prescripteur : il doit rassurer sur le matériau, expliquer l’usage et donner des éléments factuels. La marque enregistre déjà des volumes significatifs sur ces usages : 8 millions de cuiseurs vapeur et 7 millions de machines à popcorn vendus dans le monde. En France, la pocheuse à oeuf reste le best-seller, suivie des accessoires pour air fryer et du cuiseur vapeur. Un socle qui permet à Lékué d’élargir son offre vers de nouvelles pratiques. En septembre, la marque dévoilera une gamme destinée à griller, cuisiner et pâtisser à l’air fryer, avec deux familles de contenants, le silicone et le verre, et des formats adaptés aux différentes tailles d’appareils.

Et parce que l’un des freins identifiés sur l’air fryer concerne la cuisson en deux temps lorsqu’il faut préparer un plat et son accompagnement, Lékué développe des kits en duo. La marque lancera également des références dédiées à la pâtisserie, telles que des moules à savarin ou à muffins en plusieurs tailles, ainsi qu’un ustensile pour griller des viandes et des poissons. « Ces nouveaux accessoires de pâtisserie permettent par exemple de réaliser un cheesecake à l’air fryer avec 45 % de temps en moins qu’au four traditionnel », indique Pierre Bomme. Le bénéfice n’est donc pas uniquement la rapidité, mais aussi l’adaptation du contenant à l’appareil et la possibilité d’élargir les usages.
L’accompagnement devient alors déterminant. Lékué développe une stratégie de recettes, une PLV plus documentée en magasin et publiera prochainement un livre consacré à la cuisine à l’air fryer. Objectif : éviter que l’accessoire acheté ne soit pas utilisé faute d’idées. La marque orchestre deux vagues de lancements par an, représentant une quarantaine de produits. Les box micro-ondes ou air fryer répondent aussi à une logique de lisibilité en regroupant les options d’usage.

Avec sa trémie de 2,2 l et ses trois tamis interchangeables, le nouvel extracteur Hurom
H80-ST vise à simplifier la préparation des jus frais, des mocktails, des boissons végétales et des sorbets maison. Sa technologie d’extraction à froid permet de préserver les saveurs, les couleurs et les nutriments, avec une utilisation intuitive et un nettoyage facilité. Prix public : 699 €.


Lékué doit néanmoins lever des freins persistants, notamment autour du silicone. Le marché a été marqué par des produits de qualité variable, qui impose un discours rassurant sur le silicone platinium utilisé par la marque. Là encore, la simplification ne peut pas se séparer de la confiance. Un accessoire peut promettre de cuire vite ou de démouler facilement mais si le consommateur doute du matériau, l’achat reste fragile. La marque dévoilera aussi une nouvelle gamme de contenants en silicone dotés d’une base flexible permettant de démouler les aliments surgelés pour les transférer directement dans une casserole ou une poêle, sans attendre la décongélation. Lékué doit toutefois continuer à rassurer sur le silicone, un matériau dont l’image a pu être fragilisée par des produits de qualité inégale sur le marché. La marque met donc en avant l’usage du silicone platine, afin d’associer la promesse de simplicité (cuisson rapide, démoulage facile, usage répété) à un discours de confiance sur la matière. 




VENDRE UN PROBLÈME RÉSOLU

Ces témoignages convergent vers une conclusion : le client raisonne de plus en plus par problème à résoudre. Préparer d’avance, conserver sans gaspiller, couper efficacement, cuire sans surveiller, éviter de salir, ranger plus facilement, réussir un démoulage, varier les recettes, utiliser davantage son air fryer ou redécouvrir son micro-ondes : autant d’entrées d’usage qui permettent de rendre l’offre plus lisible et une pédagogie commerciale de plus en plus déterminante dans la perception de la valeur. Les termes “facile”, “rapide” et “pratique” doivent donc être précisés : le geste, la coupe, la pression, la surveillance, le nettoyage, le rangement, le démoulage, la conservation, la maîtrise nutritionnelle, la réduction des odeurs ou des projections. De même pour la qualité : régularité de cuisson, tranchant durable, matériau rassurant, préservation des saveurs, réduction des matières grasses, limitation du gaspillage, meilleure organisation des repas. Car dans un contexte où le temps, l’espace et le budget sont arbitrés plus strictement, un ustensile pertinent est celui dont l’usage se répète. Pour le commerce spécialisé, l’opportunité est riche, aussi bien en matière de sélection que de conseil.

Nouveautés dans la gamme Stop’Glisse de Déglon : le fouet pâtissier doté de 8 fils en acier inoxydable de 2 mm avec “effet ressort” pour un mélange homogène et d’un manche athermique (jusqu’à 230°C), et la cuillère ajourée en polyamide et fibre de verre, préservant le fond des récipients antiadhérents. Les deux ustensiles sont dotés de l’encoche brevetée par la marque pour maintenir les ustensiles sur le rebord des plats et casseroles et leur éviter de glisser au fond des plats. Prix public : 23 € le fouet, 13 € la cuillère
Tous les ustensiles nécessaires à la réalisation de pâtés en croûte maison réunis en un seul coffret signé Gobel : 1 moule antiadhérent sans PFAS 30 cm, 1 pince à chiqueter, 1 pinceau, 6 cheminées en inox, 1 recette exclusive et 1 boite 4 épices Terre Exotique offerte. Prix public : 86,90 €. Également disponible avec un moule en fer blanc (prix public : 78,90 €).        


La nouvelle gamme Savor de Beka procure une diffusion homogène de la chaleur grâce à un disque à induction plein. Déclinée en inox 18/10 multi-plis et en aluminium avec revêtement céramique, elle permet d’adapter l’ustensile au geste recherché : maîtrise, rapidité ou confort d’usage. Compatible tous feux et induction et avec le four. Fabrication européenne. Prix public : à partir de 59 €.

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