Couteaux utilisés trop longtemps émoussés, surfaces de coupe inadaptées, confusion entre affilage et
Dossier
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« Un bon couteau est un outil qui s’efface au profit du geste »
Un couteau ne se réduit pas à ses seules caractéristiques techniques. À destination des revendeurs comme des utilisateurs professionnels, l’enjeu consiste donc à rendre l’offre lisible, à relier chaque forme de lame à un geste et à inscrire l’achat dans une logique de performance durable. Explications avec Moïse Déglon, dirigeant de la coutellerie thiernoise Déglon.
Offrir International : Quels sont, selon vous, les principaux malentendus des consommateurs sur les couteaux ?
Moïse Déglon : L’un des principaux malentendus que nous observons est de considérer le couteau comme un simple objet technique, alors qu’il est avant tout un outil de geste. Un bon couteau est celui qui s’efface au profit de l’utilisateur, qui devient une évidence dans la main.
Nous constatons également une confusion fréquente entre tranchant immédiat et performance de coupe dans la durée : un couteau peut être très coupant à l’achat mais perdre rapidement en efficacité si l’acier et le traitement thermique ne sont pas adaptés. La dureté est souvent survalorisée, alors qu’elle doit rester équilibrée avec la résistance aux chocs, notamment pour un usage professionnel.
Autre idée reçue : penser qu’un couteau est polyvalent. Or chaque geste métier correspond à une géométrie de lame spécifique. Un filet de sole, avec sa lame fine et flexible, n’a pas la même fonction qu’un couteau à désosser, plus rigide et robuste.
Enfin, l’entretien, notamment le réaffûtage, reste largement sous-estimé alors qu’il conditionne la durabilité, la qualité de coupe et la sécurité. Pour notre part, nous nous y engageons à chaque étape de fabrication, jusqu’à plus de 60 opérations manuelles pour certains modèles, et via la garantie à vie sur la majorité de nos produits.
Quelles notions techniques faut-il nécessairement traduire en bénéfices d’usage ?
Notre rôle est de transformer la technicité en bénéfices concrets et immédiatement compréhensibles. La dureté de l’acier devient une promesse de tenue de coupe et de maîtrise de la fréquence d’affûtage. La qualité de l’émouture se traduit en précision et fluidité du geste, tandis que le traitement thermique et le choix des matériaux garantissent durabilité et fiabilité en usage intensif.
L’ergonomie dépasse quant à elle le simple confort : elle participe à la sécurité et à la réduction de la fatigue sur des journées longues et exigeantes. C’est une dimension essentielle, en particulier pour les professionnels. Nous intégrons également des engagements de durabilité lisibles pour l’utilisateur. Le label Longtime dont nous sommes titulaires, concrétise par exemple notre démarche en matière de fiabilité, de réparabilité et de longévité de nos produits.
Selon vous, quels arguments sont les plus efficaces pour justifier une montée en gamme ?
La montée en gamme se justifie avant tout par l’usage. Un outil juste permet un gain de temps, une meilleure régularité de coupe et une précision accrue, qui impactent directement la qualité du travail. La durabilité est également un argument clé : un couteau conçu pour durer permet de raisonner en coût global plutôt qu’en prix d’achat.
À cela s’ajoutent le confort d’utilisation et la réduction de la fatigue, essentiels dans des métiers exigeants.
Il existe aussi une dimension plus sensible mais déterminante : le plaisir du geste. Un outil de qualité accompagne le professionnel, valorise son savoir-faire et renforce son exigence au quotidien.
Comment aidez-vous les revendeurs à rendre l’offre plus lisible ?
Nous proposons une offre structurée et cohérente, pensée pour répondre aux besoins de chaque métier et de chaque niveau d’expertise. Cette organisation facilite la compréhension et la prescription, du professionnel expérimenté à l’apprenti.
L’accompagnement des partenaires passe aussi par des outils d’aide à la vente, des supports pédagogiques et des formations, afin de traduire la technicité en bénéfices d’usage concrets. L’objectif est de permettre aux équipes de vente de conseiller avec justesse, en lien avec les réalités du terrain. Nous apportons également une fiabilité opérationnelle (plus de 750 références actives, stock important, taux de service supérieur à 98 %).
Quels accessoires ou services doivent accompagner la vente d’un couteau ?
Un couteau ne peut être dissocié de son environnement d’usage. L’entretien est essentiel : proposer des solutions d’affûtage adaptées garantit la performance dans la durée. Les solutions de rangement participent également à la sécurité et à la préservation du tranchant.
Mais au-delà des accessoires, le conseil d’usage reste indispensable pour optimiser la longévité du produit. Les services (réparabilité, service après-vente, accompagnement dans le temps) font pleinement partie de l’expérience.
Voyez-vous émerger une demande pour des produits plus simples ou plus spécialisés ?
Nous observons aujourd’hui une double dynamique. D’un côté, une demande croissante pour des produits simples, fiables et faciles à entretenir, notamment dans des contextes où les équipes évoluent rapidement. De l’autre, une attente forte pour des outils plus spécialisés, parfaitement adaptés à des gestes précis.
Pour répondre à ces besoins, nous avons développé des approches telles que le service my.D Lab, qui permet d’aller plus loin dans la personnalisation et l’adaptation des outils aux usages réels des professionnels. L’enjeu est donc de proposer une offre lisible, capable de répondre à différents niveaux d’exigence, tout en conservant la même finalité : concevoir des outils qui s’effacent pour laisser toute sa place au geste.