Sous l’effet de consommateurs qui souhaitent mieux s’alimenter sans ajouter de complexité à leur quo
Dossier
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REVÊTEMENTS : LA QUÊTE DE L’ÉQUILIBRE, ENTRE GLISSE, RÉSISTANCE ET USAGES
Après une année 2025 marquée par une forte progression de l’inox et un recul relatif du revêtu chez plusieurs acteurs, 2026 met en évidence que l’antiadhésif est loin d’avoir dit son dernier mot. Les revêtements céramiques poursuivent notamment leur diffusion, avec une multiplication des structures hybrides et des efforts soutenus du côté des fabricants en faveur d’une résistance des surfaces et de leur adéquation à chaque type de cuisson.
Cette redistribution des cartes ne remet toutefois pas en cause la place de l'antiadhésif, toujours très présent dans l'offre, qui de fait incite les industriels à envisager d'autres approches et usages.
Déjà amorcée en 2025, cette vague d'innovations se poursuit avec une multiplication des surfaces hybrides associant métal et antiadhésif, une amélioration revendiquée de la résistance à l'abrasion, mais aussi un retour à des matériaux non revêtus pour certains types d'usages.
Autrement dit, une segmentation plus fine de la catégorie des ustensiles de cuisson.
Le PTFE conserve toutefois une place importante dans l'offre, notamment sur les segments les plus accessibles, où il permet de préserver un bon niveau de performance antiadhésive sans faire fortement augmenter les prix.
La céramique, donc, continue de gagner du terrain. La marque allemande Rösle l'introduit notamment cette année dans sa gamme Expertiso avec une série de poêles déclinées dans quatre diamètres (20 à 32 cm).
Fabriquées en acier inoxydable 18/10, les poêles comportent un fond Heatmaster doté d'un noyau en aluminium de 4 mm d'épaisseur qui favorise la diffusion et la rétention de la chaleur.
Commercialisés depuis juillet 2026, ces ustensiles sont compatibles tous feux et induction.
La marque a choisi un revêtement ProCeraPlus, une technologie à base de céramique qu'elle indique développée sans PFAS ni PTFE.
Le choix de la céramique fait également partie de l'équation lors du développement des cocottes en fonte d'aluminium, un segment où il s'agit de conjuguer une certaine inertie thermique et la maniabilité.
Peugeot dévoile notamment cette année La Cocotte, une collection d'ustensiles de cuisson au corps en fonte d'aluminium partiellement recyclée, doté d'un revêtement antiadhésif sans PFAS.
Ce faisant, La Cocotte par Peugeot affiche un poids jusqu'à 50 % inférieur à celui d'un ustensile en fonte, et une montée en température plus rapide.
Compatibles tous feux et avec le four, cette cocotte l'est également avec l'induction grâce à un disque inox.
La marque ajoute surtout un autre axe de différenciation : elle a en effet imaginé un concept modulaire qui permet de choisir séparément la base et le couvercle en céramique, disponibles en plusieurs coloris et dotés de picots permettant de répartir la condensation au cours du processus de cuisson.
À noter qu'une feutrine de protection est fournie avec chaque base afin de ranger le couvercle dans la cocotte, limitant ainsi les risques de rayures.
L'innovation réside surtout dans l'usage dans son ensemble : panier vapeur, picots sous le couvercle destinés à redistribuer la condensation, réservoir permettant d'ajouter de l'eau ou des glaçons et dessous-de-plat intégré. La cuisson au four suit un mouvement similaire.
La marque Spring, par exemple, décline ses nouveaux plats rectangulaires Culinar en acier aluminisé épais doté d'un double revêtement antiadhésif à base minéral, sans PFAS selon la marque.
RÉSOUDRE LA QUESTION DE L'USURE
Si les revêtements céramiques sont de plus en plus répandus, il n'en reste pas moins qu'ils sont toujours soumis à une question essentielle : celle de leur tenue dans le temps.
Pour y répondre, les fabricants et les marques imaginent par exemple des architectures hybrides. Menastyl explore par exemple cette voie avec sa nouvelle collection Aglaé dont la conception repose sur une surface bimatère inox-céramique en nid d'abeille.
Le principe : laisser les parties hautes de la structure en acier inoxydable, tandis que l'antiadhésif céramique occupe les parties creuses. La surface métallique procure une protection mécanique de la surface et améliore la saisie des aliments tandis que la céramique confère la facilité d'utilisation.
Cette structure permet en outre l'utilisation d'ustensiles métalliques.
Menastyl apporte en outre un élément de différenciation avec une coloration appliquée à l'intérieur et sur les poignées, suivant une tendance déjà installée avec les revêtements, celle de participer à l'identité visuelle du produit.
Cette démarche n'est pas isolée : cette année, Ballarini a notamment dévoilé des structures en nid d'abeille et Zwilling a lancé sa technologie Ceraforce HyCoat. Cette dernière combine des pics en inox non revêtus à des creux dotés d'un revêtement céramique, rapprochant ainsi deux procédés longtemps traités séparément.
Sitram a opté pour une voie différente avec son revêtement exclusif Ceranox, dévoilé en 2025.
Un développement fondé sur un double constat : d'une part l'intérêt croissant pour les revêtements céramiques, d'autre part les limites de tenue dans le temps sur les premières générations dont les propriétés antiadhérentes avaient tendance à rapidement s'altérer.
La marque française a ainsi développé une formulation à base de céramique incluant de la poudre d'inox dans le but de proposer une solution plus performante que les céramiques classiques.
Annoncé sans PFAS, le revêtement Ceranox se caractérise par sa résistance à l'abrasion : selon Sitram, il conserve sa vertu antiadhésive jusqu'à 10 000 cycles lors des tests, soit quatre fois plus que la norme NF EN 12983-1v2023 qui en requiert 2 500.
LA FIN DE LA POÊLE À TOUT FAIRE
Le développement des nouvelles surfaces accompagne également une autre tendance : le discours autour de la poêle à tout faire s'efface progressivement.
Illustration de ce phénomène, la nouvelle collection développée par Woll avec le chef Tim Mälzer, lancée en septembre, qui repose sur trois matériaux, chacun affecté à un usage : l'acier carbone préculotté pour les saisies et les températures élevées, qui développe progressivement une patine ; l'inox multicouche (3mm, 5 couches) pour déglacer et préparer des sauces ; la fonte d'aluminium (6,5 mm) dotée d'un revêtement QXR sans PFAS selon Woll, pour les préparations du quotidien requérant le confort et la praticité de l'antiadhésif.
Agnelli transpose cette logique avec sa nouvelle ligne Alu-Inox Non Stick destinée aux cuissons délicates.
Ses ustensiles comportent deux couches d'aluminium (alliage d'aluminium 1050), une couche extérieure d'inox ferritique compatible avec l'induction et un revêtement intérieur CK3000 sans PFAS, conçue pour une utilisation en cuisines professionnelles, pour une utilisation destinée aux aliments fragiles (œufs, poissons, légumes, etc.).
À l'inverse, la ligne Fer d'Agnelli, en fer nitruré, est exempte de revêtement, et dotée d'un traitement par nitruration qui permet d'augmenter la résistance à l'oxydation. Elle est donc dédiée aux saisies, aux grillades et aux fritures à haute température, et développe au gré des utilisations et de l'huilage, une antiadhérence naturelle.
L'emploi prolongé avec les aliments acides, les marinades, les sauces et les mijotages est en revanche déconseillé.
UN RAYON QUI REQUIERT DAVANTAGE D'EXPLICATIONS
Qui dit spécificité technique dit aussi bonnes pratiques d'utilisation de chacune. En effet, tel revêtement ne s'utilise pas comme tel autre : compatibilité ou non avec le lave-vaisselle, surchauffe à vide ou non, utilisation d'ustensiles métalliques ou non...
Autant de pédagogie intégrée désormais aux stratégies des marques.
Cookut, après avoir fait évoluer La Fabuleuse en la dotant d'un revêtement minéral sans PFAS, a ainsi apposé sur les packagings de ses ustensiles revêtus un macaron regroupant ses préconisations d'utilisation.
La marque poursuit ce travail de simplification du discours relatif à ses ustensiles de cuisson en faisant évoluer son territoire de marque autour d'une nouvelle signature, "la recette, c'est le plaisir".
Objectif : renforcer la lisibilité de son positionnement fondé sur la polyvalence de ses produits et la simplicité de leur usage.
Car pour toutes les marques, l'enjeu consiste à expliquer comment utiliser l'ustensile plutôt que la technologie qu'il constitue.
Autrement dit, une diversification qui transforme nécessairement le conseil en point de vente et une question "avec ou sans revêtement" qui se révèle désormais insuffisante.
C'est sans doute l'une des évolutions les plus significatives de ces derniers mois : le matériau et la composition du revêtement ne sont plus seuls sur le devant de la scène, mais partagent plus largement celui-ci avec les gestes et les usages.
Oui, la technologie reste une composante de l'argumentaire, mais il lui faut démontrer en pratique ce qu'elle apporte à l'ustensile.
BEKA INNOVE SUR LE SEGMENT DES USTENSILES COMPATIBLES INDUCTION
Naturellement, les ustensiles en acier inoxydable Sensa sont uniquement compatibles avec les plaques à induction. Beka a en outre ajouté plusieurs fonctions destinées à faciliter l'usage. Le couvercle dispose d'un rebord en silicone pour amortir sa pose et réduire le bruit. Sa conception vise aussi à mieux canaliser la vapeur et la condensation vers l'intérieur de l'ustensile afin de limiter les éclaboussures.
Un système d'égouttage intégré permet par ailleurs de vider l'eau de cuisson depuis le faitout ou la casserole, sans utiliser de passoire. De plus, la gamme est aussi conçue pour les systèmes d'aspiration des vapeurs intégrés (par le bas). Trois coloris (mocha brown, latte beige et espresso black) sont appliqués au fond en silicone, aux poignées et au couvercle. À son lancement, le 1er novembre prochain, Sensa comprendra une casserole à manche de 16 cm (prix public : 79 €), une cocotte ø 20 cm (105 €) et une cocotte ø 24 cm (119 €). Trois poêles compléteront la série à partir de décembre : ø 20 cm (prix public : 69 €), ø 24 cm (79 €) et ø 28 cm (89 €).