LA CÉRAMIQUE EN QUESTION : DESIGN ET VALEUR PERÇUE

24 août 2026
Par : Céline Vautard

Sous le terme qui englobe la porcelaine, le grès ou la faïence, la céramique fait parler d’elle. En art de la table, en décoration et même en luminaire, cet art ancestral qui peut être mécanisé ou fait main, permet des créations à tous les prix. Dans cette effervescence, comment la valoriser, parler savoir-faire et expliquer ses qualités ?

Que ce soit sous forme de vaisselle, de luminaire ou de déco, en mode DIY avec le développement des cafés céramiques et même grâce au développement des cours et ateliers de poterie, la céramique est la tendance du moment. « La céramique est un terme parapluie qui englobe quatre grandes familles dont chacune offre des particularités », précise en préambule Thierry Villotte, président de la Confédération des arts de la table (CAT). De fait, la céramique vient du mot keramos traduit du grec par « argile ». L’argile étant l’un des premiers matériaux utilisés par l’Homme. Bien avant le verre et le métal, elle est un matériau ancestral et un terme qui désigne l’ensemble des objets fabriqués en argile ayant subi une transformation après cuisson. Parmi les types de céramique les plus connus, il y a notamment le grès, la porcelaine, la poterie ou encore la faïence. Dans les rayons des magasins, la déferlante est telle que le client a du mal à s’y repérer et à comprendre le prix. 

LE TOUCHER SOYEUX DE LA PORCELAINE

Présenté lors de la Design Week de Milan 2026, la collection Officina Ultra de Ginori 1735 explore la porcelaine à travers un système d’objets modulaires et empilables. Le projet se décline en cinq variantes réalisées à la main : Bloom, Layer, Gear, Cloud et Stripe. Ceux-ci associent des incisions, des reliefs, de l’émail, un biscuit mat et des éléments en bois. Disponibles en deux dimensions, les pièces peuvent être utilisées comme vases, contenants, objets de table ou lampes LED portables. Chaque exemplaire porte un numéro de série renvoyant à son moule et à sa matrice de fabrication.

« C’est le prestige par excellence, poursuit Thierry Villotte. La France dispose de belles manufactures de porcelaine qui offrent des pièces d’une blancheur incomparable pour des collections allant du très traditionnel au très moderne. Un savoir-faire unique qui, depuis mai dernier, a permis à la porcelaine de Limoges d’obtenir la première indication géographique artisanale et industrielle de l’UE. Pour le détaillant, c’est un outil de pédagogie et de valorisation d’importance. ». Loin des services de famille et des pièces trop formelles, la porcelaine (composée principalement de kaolin, de quartz et de feldspath) est donc sous les feux de la rampe. « La porcelaine est une matière à la fois noble, exigeante et paradoxale : elle est dure mais délicate, blanche mais capable de recevoir une infinité de décors, fine mais très résistante lorsqu’elle est parfaitement maîtrisée, explique Sébastien Cich, CEO de Coquet. Notre ADN repose sur l’élégance discrète, le savoir-faire manuel et la recherche de textures. Nous aimons révéler la matière plus que la surcharger. Nos collections jouent souvent sur la lumière, le toucher, les effets de relief, les différences entre les surfaces mates et brillantes. C’est une porcelaine contemporaine, mais profondément enracinée dans le geste artisanal, c’est tout cela qu’il faut expliquer aux clients et le raconter en boutique. »

La nouvelle collection Villandry signée Bernardaud reprend les nervures caractéristiques de la feuille de chou dans une gravure en relief. Chaque pièce se distingue également par une découpe aux contours irréguliers. La gamme comprend trois formats d’assiettes, un bol et plusieurs grands plats. Pensée pour les grandes tablées, elle associe porcelaine travaillée et formats généreux. Prix public : 160 €

Prendre en main un produit en porcelaine semble donc plus que nécessaire pour appréhender toutes ces qualités et renforcer la valeur perçue du produit. « La culture de la table est une expérience quotidienne, c’est donc une opportunité exceptionnelle pour chaque fabricant détenteur d’un savoir-faire, assure Claudia Knaupp, vice-présidente exécutive marketing dining & lifestyle et global branding de Villeroy & Boch. Par exemple, quiconque choisit d’investir dans une machine à expresso haut de gamme privilégie déjà la qualité et le savoir-faire. L’étape suivante s’impose naturellement : parfaire l’expérience avec de la porcelaine d’excellence. Tenir entre ses mains une porcelaine d’une telle finesse, c’est saisir immédiatement la différence et ne plus jamais s’en passer. Éveiller cette conscience et l’ancrer durablement : telle est notre ambition – et celle de nos  revendeurs – et nous devons la transmettre à nos revendeurs car c’est notre argument le plus puissant. »

LA BOUTIQUE CÉRAMIQU

LA BOUTIQUE CÉRAMIQUE VALORISE LA DURABILITE

Ouverte depuis décembre 2025 dans le centre-ville de Pau, La Boutique céramique réunit 10 potiers locaux auxquels s’ajoute un invité renouvelé chaque trimestre, tous membres de l’association Terres Neuves du Sud-Ouest (TNSO qui, depuis 2001, réunit des céramistes professionnels du grand sud-ouest, de la Charente-Maritime aux Pyrénées-Orientales) autour d’un même espace de vente, uniquement dédié à la céramique. Le concept étant de proposer au public un lieu où découvrir le travail de plusieurs artisans aux univers complémentaires, tout en favorisant les échanges avec les créateurs puisque chacun tient la boutique à tour de rôle. « Nous travaillons principalement le grès et la porcelaine, explique l’une des céramistes. Le grès est apprécié pour sa robustesse, sa résistance aux usages quotidiens et ses textures chaleureuses et naturelles. La porcelaine est une terre exigeante qui offre une finesse et une luminosité aux pièces incomparable, en revanche c’est une matière première bien plus chère que les autres terres. Ces matériaux permettent une très grande liberté de création aussi bien pour des pièces utilitaires que décoratives qui sont toutes uniques. Le public est de plus en plus demandeur de pièces artisanales qui séduisent par leur authenticité, leur qualité et leur caractère unique. »

VALORISE LA DURABILITÉ


LE CÔTÉ AUTHENTIQUE DU GRÈS

À l’opposé, le grès est une céramique robuste, souvent reconnaissable à sa texture granuleuse. Fabriqués à partir d’argile avec une forte teneur en silice, ce qui lui confère une grande résistance et une capacité à retenir la chaleur, les ustensiles de cuisine en grès, tels que les plats de cuisson et les bols, sont appréciés pour leur capacité à cuire uniformément les aliments. Sur les tables, le grès revient en force et on en trouve à tous les prix. « Les gros faiseurs sont surtout en Chine, au Vietnam et en Indonésie, souligne Thierry Villotte (CAT). Le grès est extrêmement présent dans les magasins car peu cher mais il existe différentes qualités de travail comme pour tous produits. » Assiettes, plats, mais aussi beurriers à eau (très en vogue en ce moment), huiliers, pichets, etc. Le grès est l’une des matières phares du moment. « J’aime le grès pour son équilibre entre robustesse et sensibilité, explique Amélie Renaux qui a créé la marque Céladon en 2020 distribuée via ses propres boutiques. C’est une matière qui résiste au quotidien tout en conservant une présence très chaleureuse. Elle révèle aussi particulièrement bien le travail des émaux, des couleurs et des finitions. Chez Céladon, nous collaborons avec plusieurs ateliers au Portugal, avec lesquels nous entretenons des relations de long terme. Chaque pièce passe entre plusieurs mains. Tout cela, nous l’expliquons dans nos boutiques à nos clients. Certaines collections intègrent également un travail décoratif réalisé à la main, comme les rayures de la collection Linhas. L’ADN de Céladon repose sur trois piliers : la couleur, l’usage et la liberté de composition. Nous imaginons des objets qui peuvent être mélangés, associés, détournés et qui s’adaptent à tous les intérieurs. C’est notre force. »

En grès fin, la gamme Atlas Kind of Blue chez Molde combine artisanat et lignes contemporaines. Prix public : à partir de 15 € l’assiette ou la tasse

Le grès fin est aussi au coeur des collections de l’entreprise portugaise Molde, fondée il y a plus de 35 ans, qui propose des pièces utilitaires et décoratives. En 2018, l’entreprise a relancé sa propre marque avec un positionnement contemporain et travaille aujourd’hui au développement de sa présence sur les marchés internationaux dont la France. « Depuis Caldas da Rainha dont l’histoire est très liée à la céramique portugaise, Molde propose une production où la diversité des finitions, des techniques et des modèles prime sur la standardisation, souligne Ricardo Ribeiro, account manager de la marque. Nous préservons des techniques de fabrication artisanales transmises depuis des décennies, que nous associons aux technologies modernes et à notre capacité de production. » Pour percevoir la plus-value de la céramique, il faut également la toucher, la peser, observer son design, ce qui fait le caractère unique de la pièce. « La valeur ne se décrète pas. Elle se construit, poursuit Amélie Renaux. Elle passe d’abord par le travail de création : les proportions, les couleurs, les détails, les finitions. Ensuite par la qualité de fabrication et la durabilité de l’objet. Mais en boutique, il faut aussi raconter ce qu’il y a derrière : les ateliers, les savoir-faire, les gestes, les recherches de couleurs, les essais. Les consommateurs sont de plus en plus sensibles à cette transparence. Enfin, je pense que la valeur perçue vient beaucoup de la capacité d’un objet à trouver sa place dans la vie quotidienne. Une assiette utilisée tous les jours pendant dix ans n’a pas la même valeur qu’un objet remplacé au bout de quelques mois. »
Un sentiment partagé par Ricardo Ribeiro chez Molde :

« C’est cette durabilité, associée au design et au savoir-faire, qui confère toute sa valeur à une pièce en céramique. » 

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MAISON PICHON RELANCE SON SAVOIR-FAIRE

Reprise le 1er janvier 2026, Maison Pichon ouvre un chapitre sous la direction de Sophie et Pierre-Jean Auriac, associés à la céramiste Louise Jumelin à la direction artistique. Leur ambition : préserver l’âme provençale de cette manufacture fondée à Uzès en 1802, tout en faisant évoluer son organisation et ses collections. Le projet repose sur deux piliers : l’art de la table et le tressage de l’argile, signature de la maison. « Peu de manufactures françaises possèdent un geste aussi immédiatement reconnaissable, souligne Sophie Auriac. Façonnées à partir de longs cordons d’argile assemblés à la main, les corbeilles tressées donnent naissance à des pièces sculpturales, dont les légères variations font la richesse et le caractère unique. » Les émaux constituent l’autre marqueur fort de la manufacture : leurs couleurs profondes et nuancées révèlent les reliefs et donnent à chaque collection sa personnalité. Plusieurs centaines de moules historiques seront inventoriés pour identifier les formes susceptibles d’être rééditées ou réinterprétées. Maison Pichon entend préserver le caractère artisanal de ses pièces tout en structurant la fabrication : formalisation des gestes, documentation technique, suivi des étapes et amélioration de la régularité des volumes et de la qualité. Positionnée sur le haut de gamme, la maison est distribuée par des boutiques, concept stores et prescripteurs. Près de 60 % de ses volumes sont réalisés à l’export.

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VÉHICULER UN HÉRITAGE

Enamoura illumine les intérieurs avec des créations
artisanales en porcelaine, grès ou terre cuite

La céramique s’invite aussi dans les intérieurs pour créer une ambiance. Ainsi, la marque Enamoura, lancée il y a cinq ans, a construit son histoire autour de la lumière et de la Provence. Suspensions en porcelaine de biscuit, appliques murales en terre cuite blanche ou en grès chamotté ou encore lampes à poser et baladeuses : Magali Avignon passionnée de brocantes, entrepreneuse et passionnée de transmission a voulu réinterpréter les lumières d’antan en faisant appel à des artisans français. « Cela a pris du temps de trouver les bons partenaires qui ont le savoir- faire capable de produire une série avec la même qualité et surtout les convaincre de s’engager dans l’aventure afin de rendre le modèle économique pérenne », confie Magali Avignon. Si aujourd’hui Enamoura compte un réseau de distribution sélectif (une vingtaine de points de vente en France), la marque est également suivie par des professionnels de la décoration d’intérieur et des architectes. « En boutique, il faut savoir raconter l’histoire de la région, l’héritage de la marque et son objectif de transmission, explique Magali Avignon. Et surtout expliquer les techniques qui justifient le prix de fabrication. Vendre et transmettre l’artisanat c’est raconter les étapes de fabrication et le lent travail des artisans. » La fin de l’année 2026 verra la naissance d’un important projet : Enamoura construit à Marseille un lieu de vente en propre sur 250 m2. Une boutique qui rassemblera également lieu de fabrication, bureaux et espace atelier.

« L’enjeu est de rendre visible ce travail aux clients avec quelques artisans sur place et des fours pour cuire les pièces », poursuit-elle. « 

Aujourd’hui, ce n’est pas la matière qu’il faut réinventer, mais la manière de la raconter, confirme Sofia Ikiddi, business development director du groupe Promotica qui détient les marques IVV et Bizzirri, marque de céramique italienne reprise en juillet dernier. Le consommateur recherche des objets porteurs de sens, d’authenticité et d’émotion. Il souhaite connaître l’histoire derrière chaque création, comprendre son origine, son mode de fabrication et les personnes qui lui donnent vie. La céramique répond parfaitement à cette quête : durable, intemporelle et singulière, elle incarne une consommation plus consciente où l’objet retrouve toute sa valeur. »

Chez Bizzirri, la collection Assisi s’inspire des anciennes majoliques italiennes. Les pièces sont réalisées en terraglia forte, une céramique cuite à haute température, autour de 1 020-1 080 °C.

Un sentiment partagé à La Boutique de la Céramique à Pau : « La céramique connaît un véritable regain d’intérêt : les consommateurs recherchent des objets durables, fabriqués localement, et porteurs de sens, analyse l’une des céramistes des lieux (voir encadré en page 88). Face à la standardisation des productions industrielles, les pièces artisanales séduisent par leur authenticité, leur qualité et leur caractère unique. Elles répondent également à une envie de revenir à des matériaux naturels et un art de vivre plus responsable. » 


J.L COQUET DEVIENT COQUET

J.L COQUET DEVIENT COQUET

La manufacture de porcelaine J.L Coquet adopte cette année une nouvelle identité et devient Coquet. Cette évolution vise à moderniser l’image de la maison limousine, fondée il y a deux siècles, autour d’un univers graphique plus épuré. Les marques Coquet et Jaune de Chrome sont désormais réunies sous une identité commune. Le “C” signature, associé à une fleur, fait le lien entre les deux savoir-faire et figure sur les nouvelles estampilles apposées sous chaque pièce, gages de l’origine et de la fabrication française des collections, produites à Limoges.

La porcelaine de Limoges de Coquet adopte des teintes exceptionnelles grâce à sa maîtrise des émaux. Ici, la gamme Granité rouge. Prix public : à partir de 64 € la petite assiette carrée.

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VALORISER LA CRÉATION ET L’INNOVATION

Plus que jamais donc le récit, la transmission, la valorisation du savoir- faire et le parti pris créatif doivent passer du vendeur au client et éclairer son choix. « Nous aimons dire que nous abordons chaque projet comme un véritable studio de création : nous expérimentons, testons et perfectionnons chaque détail jusqu’à trouver la solution idéale pour transformer chaque idée en une pièce prête à être produite, sans jamais perdre son caractère, explique de son côté Ricardo Ribeiro (Molde). Dans un marché où de nouvelles marques apparaissent sans cesse, nous souhaitons créer des produits immédiatement reconnaissables par leur langage esthétique. Nous aimons imaginer quelqu’un entrant dans un restaurant ou passant devant une vitrine et se disant : “Cela doit être du Molde.” C’est, à nos yeux, la véritable force d’une marque. »

Chez Nosse Ceramics, la céramique est réalisée à partir d’un mélange de matériaux recyclés et d’argile d’origine locale. La totalité des chutes de pâte et des fragments de biscuit est réintégrée dans la production. Ici, la collection Layers.

Les grandes marques donnent aussi matière au récit avec leur actualité toujours en lien avec leur histoire mais dans un désir d’innover. « La valeur d’une pièce en porcelaine ne réside pas uniquement dans sa fabrication, mais aussi dans la démarche créative qui lui donne naissance, souligne Sébastien Cich (Coquet). Derrière chaque création se cache un véritable travail de recherche, d’innovation et d’expérimentation. Concevoir une nouvelle forme, imaginer un relief inédit, développer un effet de couleur ou de lumière nécessite souvent des mois de développement. Une pièce en porcelaine n’est pas simplement un contenant. C’est la rencontre entre une vision artistique, une maîtrise technique et un savoir-faire artisanal. Plus une création est innovante et pousse les limites de la matière, plus elle porte en elle une valeur ajoutée qui dépasse largement sa seule fonction d’usage. » Et pour repousser les limites, Coquet travaille sur un vaste programme de modernisation de sa manufacture. « Nous avons engagé un plan d’investissement important visant à renforcer notre outil industriel, améliorer encore notre niveau de qualité, optimiser les conditions de travail de nos artisans et accélérer notre transition environnementale, poursuit Sébastien Cich. C’est un projet structurant qui doit préparer la manufacture aux prochaines décennies tout en préservant son savoir-faire artisanal. » Chez Guy Degrenne l’heure est également à l’écriture d’un nouveau chapitre. « Portée par la famille Spruch, les quatre frères, Antoine, Marc-Alain, Benjamin et Thomas, s’engagent chaque jour pour faire rayonner Guy Degrenne et perpétuer son héritage, assure Olivier Perlo-Joncour, directeur marketing. Nous avons d’ailleurs repris notre nom historique Guy Degrenne, symbole d’élégance et d’excellence. 

L’identité graphique repensée, épurée et contemporaine, puise dans nos racines pour mieux exprimer notre ambition : magnifier l’art de recevoir, partout dans le monde. » « Les arts de la table sont comme un sismographe des grandes évolutions de la société, conclut Claudia Knaupp (Villeroy & Boch). C’est pourquoi nous investissons autant dans l’étude des tendances et la compréhension des consommateurs lors de l’élaboration de nos nouvelles collections, toujours ancrées dans les grandes tendances culturelles et de style de vie. La meilleure façon de mettre en valeur la porcelaine ne consiste pas seulement à la rendre belle, mais à lui donner du sens. »

LE PREMIUM CHANGE DE MATIÈRE

Longtemps associée au haut de gamme, la porcelaine n’est plus seule à incarner la qualité dans l’art de la table. « Aujourd’hui, le marché a évolué, analyse Baudouin Meyhui, CEO de l’entreprise belge spécialiste des arts de la table Home & Table. Aux côtés de la porcelaine traditionnelle, la céramique et le grès se sont imposés comme des matériaux premium à part entière. » La valeur perçue repose désormais autant sur le matériau que sur le design, l’histoire de la marque, le savoir-faire revendiqué et l’expérience d’usage. Royal Boch s’appuie sur son patrimoine depuis 1841 et des décors installés dans le temps, tels que Copenhague ou Boerenbont. La marque actualise cet héritage en introduisant de nouvelles couleurs sans modifier les codes qui rendent ses collections identifiables Laura Ashley associe pour sa part ses motifs floraux et son univers “English country” au bone china, apprécié pour sa finesse, sa légèreté, sa translucidité et sa résistance. Trois positionnements qui mettent en évidence que le premium ne se construit plus selon un seul critère : il peut reposer sur l’héritage, l’expression du matériau ou la cohérence d’un univers de marque.

WD LIFESTYLE MISE SUR LA PIÈCE FORTE


Créée en 2005 avec une offre d’accessoires en bois pour la table et la cuisine, la marque WD Lifestyle a progressivement élargi son univers à la décoration, à l’outdoor et aux loisirs. La porcelaine et la céramique occupent désormais une place centrale dans ses collections (tasses, mugs, bols, objets décoratifs et idées cadeaux). La marque privilégie moins les services complets que les pièces capables de créer un effet à elles seules. Une approche répondant à l’évolution des usages : les repas en petit comité, les apéritifs, les cocktails ou les moments conviviaux remplacent souvent les tables formelles. WD Lifestyle développe deux collections chaque année, sur un rythme proche de celui de la mode, avec un travail marqué sur les formes, les décors et les palettes de couleurs. Afin de renforcer la valeur perçue, WD Lifestyle mise sur la qualité des matières, des motifs exclusifs, des finitions évoquant le geste artisanal et un packaging soigné. En magasin, elle recommande des mises en scène associant la céramique à des verres, des vases ou des textiles. En 2026, la marque prévoit d’élargir son offre de produits d’usage quotidien et de consolider sa présence en France et en Allemagne. Ici, corbeille à fruits en grès, prix public : 30 €.

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En porcelaine premium de haute qualité, la nouvelle gamme Perlemor Aqua de
Villeroy & Boch joue avec les reflets de l’eau. Prix public : à partir de 20,59 € la
grande assiette.

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