Le BHV sollicite son placement en redressement judiciaire

27 octobre 2026

Quatre mois après sa reprise par Karl-Stéphane Cottendin, le BHV annonce aujourd’hui mardi 27 octobre 2026 demander l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire, en raison de difficultés de trésorerie qui entravent le déroulement de son plan de relance. Le magasin reste cependant ouvert.

Le BHV annonce aujourd’hui mardi 27 octobre 2026 avoir déposé une demande de placement en redressement judiciaire auprès du tribunal des activités économiques de Paris, quatre mois après sa reprise par Karl-Stéphane Cottendin. Ce dernier a notamment engagé une démarche de repositionnement du grand magasin autour de son activité historique d’équipement de la maison.

« J’ai repris le BHV en juin pour le faire revivre, après des années de déclin, commente Karl-Stéphane Cottendin, président du BHV. Je l’ai fait en connaissance de cause, avec un projet, un plan chiffré et des équipes qui y croient. Nous avons une stratégie, des clients qui aiment la marque, et des marques qui veulent se développer au BHV. Ce qui manque aujourd’hui à ce magasin, c’est la trésorerie qui lui est due. Le redressement judiciaire est un cadre technique : c’est une étape stratégique du plan de restructuration, une décision réfléchie qui s’inscrit dans la vie et la relance de l’entreprise. Le BHV a 170 ans ; il a traversé bien d’autres tempêtes, et il traversera celle-ci. »
La direction met notamment en cause le non-versement d’indemnités prévues dans le cadre de la restitution au bailleur : « Ce projet [de relance] s’appuie sur un plan d’investissement financé notamment par des indemnités contractualisées en échange de la restitution au bailleur, au printemps, de plus de la moitié du magasin. Ces indemnités n’ont pas été versées. La relance devait être lancée dès l’été avec ces fonds : réassortir, réaménager le périmètre conservé, reprendre la parole auprès des clients. Sans ces fonds, elle n’a pas pu l’être, et les émeutes qui ont frappé le centre de Paris ces derniers samedis, jusqu’au pillage du rez-de-chaussée du magasin, ont achevé de peser sur une trésorerie déjà contrainte. »
Dans ce contexte, la direction indique ne plus être en mesure de financer simultanément les investissements nécessaires à la transformation du magasin et le « traitement du passif » : « La direction ne souhaite pas faire traîner la situation ; pour protéger l’activité et l’emploi, elle souhaite que le BHV opère sous la protection du tribunal des activités économiques. »

Depuis juin, une réorganisation de l’offre est engagée, visant à recentrer le BHV sur l’équipement et la décoration de la maison. « En quatre mois, le rez-de-chaussée a rouvert, égrène la direction. Une quarantaine de marques de renom sont revenues, et d’autres sont attendues d’ici la fin de l’année ; le Grand Marché du Marais s’installe, des pop-ups ouvrent dès novembre. Le projet convainc tous ceux qui en vivent, à commencer par les équipes, consultées lors de douze tables rondes, qui le soutiennent à 75 %. »
Si l’ouverture de la procédure de redressement judiciaire était prononcée, celle-ci permettrait de suspendre le règlement des dettes antérieures et d’organiser celui-ci, et de poursuivre l’activité du magasin dans le cadre d’une période d’observation. La direction espère en outre obtenir l’exécution des accords conclus avec le bailleur et favoriser l’entrée de nouveaux investisseurs, et à l’issue de cette période, proposer un plan de continuation. 

(Photo : © BHV)


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