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«Nous avons vocation à créer et innover de nouveaux produits»

27 juillet 2018

Après la reprise de Bron-Coucke en 2017 et un changement à la présidence en fin d’année, Tellier Gobel et Cie fait l’objet d’un travail de clarification de son identité, dont les premières émanations seront à découvrir à Maison&Objet en septembre. Entretien avec Jean-Philippe Molinari, président du groupe depuis décembre dernier.

Qu’est-ce qui a motivé la réorganisation de l’offre du groupe ?

Le groupe s’est formé à la suite de rachats successifs, si bien qu’aujourd’hui il détient un portefeuille composé de plusieurs marques : Combrichon, Tellier, Gobel, Bron-Coucke, La Bonne Graine… Nous avons engagé une réflexion sur l’ensemble de ces marques, et identifié un besoin de clarté au niveau du retail. L’ensemble était en effet assez peu lisible. Nous sommes accompagnés pour cela par le cabinet Kaos consulting, et sommes en train d’organiser notre stratégie. Premier changement, la marque Louis Tellier devient la marque ombrelle de notre activité. A l’intérieur de chacune des marques actuelles, il y a des produits forts, tels que la mandoline Bron-Coucke ou les moules Gobel, qui jouissent d’une forte notoriété… Nous rattacherons celles-ci à la marque Louis Tellier.


Les marques Combrichon et La Bonne Graine sont, elles, appelées à disparaître. Concrètement, comment cette évolution prendra-t-elle forme ? 

Nous arrivons à la fin de notre cycle de réflexion. L’ensemble du packaging produits est retravaillé, de manière moderne et ludique, afin d’être immédiatement reconnaissable. Le catalogue et le site internet font également l’objet d’une refonte. Une partie de ces évolutions sera présentée au prochain salon Maison&Objet selon leur degré d’avancement. Nous visons une finalisation pour la fin de l’année, septembre est donc pour nous une première échéance.

Qu’en est-il des marques que le groupe distribue ?

Nous poursuivons notre partenariat avec quelques marques. L’image de leurs produits est cohérente avec nos stratégies de communication et commerciale. Nous sommes le distributeur exclusif de certaines d’entre elles, et nous continuerons à les mettre en avant. 

La refonte de la plateforme de marque induira-t-elle une évolution de votre stratégie de distribution ?

A l’exception des marques exclusives que nous développerons, nous avons vocation à innover et créer de nouveaux produits en interne, avec des lancements de produits tous les six mois. Les magasins sont très demandeurs de nouveautés et d’innovation pour faire vivre leurs rayons. Nos clients demandent du service, de la réactivité, autrement dit des partenariats avec des fournisseurs qui dynamisent le marché. Nous continuerons à travailler avec les points de vente spécialistes. Nos produits ne seront pas vendus en grandes surfaces. De plus, nous ne faisons pas du e-commerce un objectif, même si notre futur site internet sera aussi marchand dans un second temps. Nous l’intégrons afin de donner une opportunité d’achat direct, mais il est davantage pensé dans un axe de service, pour compléter la palette des ventes, certainement pas dans une volonté de se substituer à notre réseau de partenaires.

Lors de votre nomination, l’accélération du développement en France et à l’international du groupe a été annoncée. Quels sont vos objectifs ? 

Nos produits bénéficient d’une bonne diffusion à l’international et nous souhaitons intensifier cela. Nous y réalisons déjà 40 % de notre chiffre d’affaires et cela va croissant. Certains marchés, avec le développement des hôtels et de la restauration haut de gamme, sont porteurs, en Asie notamment. Toutefois, certains marchés plus importants et plus matures, tels que les Etats-Unis, offrent toujours des possibilités de croissance intéressantes. Je crois personnellement au retour du fait-main, au détriment des appareils électriques, avec la tendance de fond qui privilégie l’authenticité, le travail de la main, y compris dans le CHR. Cela répond en outre aux problématiques de rangement et d’énergie. Et la qualité de la coupe conférée par une mandoline sera toujours supérieure à celle d’un robot, aussi performant soit-il. Quant à notre développement en France, la clarification de notre identité et les innovations que nous lancerons nous projettent vers des perspectives de croissance intéressantes. Nous sommes par ailleurs en train de centraliser notre logistique sur notre site de Joué-les-Tours pour apporter une efficience accrue à nos clients, qui bénéficieront ainsi d’un franco commun et de délais de livraison réduits. Enfin, nous investissons massivement dans de nouvelles machines en vue de rapatrier une partie de la sous-traitance effectuée à l’étranger. Nous souhaitons être de plus en plus Made in France, de plus en plus autonomes, mais nous manquions de machines et de volumes. Cette réintégration de la sous-traitance nous permettra des économies et une plus grande souplesse en matière de fabrication.

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REPÈRES 

> 3 sites de production : Argenteuil (Val-d’Oise), Joué-les-Tours (Indre-et-Loire), Orcier (Haute-Savoie) 

> 110 salariés 

> 25 millions de chiffre d’affaires en 2017 (avec intégration de Bron-Coucke) 

> Une activité réalisée au 2/3 avec le CHR, 1/3 avec le retail 

> une présence dans 90 pays

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